2018 : bilan d’une année contrastée – 2019 nous voilà !

Besoin de faire le bilan de l’année 2018 pour la laisser aller et commencer du bon pied 2019. 2018, fut intense, difficile, chargée, tranquille, bref tout en contraste ! Je n’aime pas trop faire des bilans, mais en cette fin d’année, j’ai envie quand même de le faire pour laisser derrière moi, une bonne fois pour toute, ce qui s’est passé. Parce-que quand on croit toucher le fond, c’est bien de voir que finalement, rien n’était perdu et que de ces épreuves, on en ressort grandi, voire plus fort.

Pourquoi un message, si énigmatique ? Parce-que elle avait bien mal commencé cette année 2018. L’année 2017, s’était terminée par une chute dans les rochers de Canyonlands et la vague impression, que quelque chose, déjà d’extraordinaire s’était passé ce jour-là. Tomber dans les rochers enneigés et glacés, ça fait mal. J’ai revécu encore et encore pendant de longues semaines, cette chute, où je ne maîtrisais plus rien, où seule l’attente du choc final avait de l’importance. Et j’en étais encore à revivre dans ma tête ce cauchemar, que c’était au tour de ma fille de vivre une expérience encore plus traumatisante. Le 15 janvier, sa voiture faisait un roulé boulé sur le côté et finissait sa course sur le terre-plein central de l’I-70, juste après la state line du Kansas. De ces deux événements, on a du se relever, en même temps que mon mari retrouvait du travail à la fin mars. Ce premier trimestre 2018 était donc marqué par le catastrophisme : que pouvait-il nous arriver encore qui nous fasse tomber encore plus bas. On dit que le stress mine et rend malade : c’est exactement cela. Deux gros chocs, un stress latent, on aurait eu du mal à en supporter d’avantage. Mais bon, nous avons réussi à mettre cela derrière nous, non sans mal. La facture au sens propre comme au sens figuré a été lourde mais au final, on s’en sort et c’est juste ce qui compte. On a mis du temps à se guérir de ces épreuves et à vrai dire, on continue à s’en relever.

Alors pour ne pas rester sur ces événements, j’ai décidé de faire un petit récap de mes découvertes, de mes réalisations, et de mes espoirs.

Nos voyages en 2018

Pas vraiment de gros voyages mais finalement quelques déplacements.

En mars, nous allions quand même au ski, malgré le chômage de mon mari : tout avait été payé avant alors pourquoi aurait il a fallu s’en priver et justement après ce premier trimestre difficile, l’espoir renaissait alors, nous avons traversé le Kansas et passé la semaine à Breckenridge.

Pour Memorial Day, nous allions passer quelques jours à Fort Collins, Colorado dans la petite ferme rouge que nous avons découverte l’an dernier. Et début juin, nous nous envollions pour la France. Quel délice de retrouver son pays.

En juillet, je faisais un aller et retour éclair pour déménager les affaires de ma fille à Fort Collins : encore cette interminable traversée du Kansas. Je finis par bien connaître la route et sais exactement où m’arrêter pour me prendre un café au Starbucks.

Nous avons eu la joie encore d’assister au marching band de l’école de ma fille. C’est toujours un plaisir de découvrir leur nouveau spectacle. Cette année, ils avaient changé les uniformes. Il a fallu s’habituer. Ils ont fini en beauté, au fin fond du Kansas en gagnant le festival (concours entre band). Cela faisait plaisir de voir sur leur visage, la joie de cette récompense : récompense sur un travail de longue haleine, demandant beaucoup d’attention et de longues heures d’apprentissage des pas et de la musique pour un spectacle parfait.

L’automne est passé et les couleurs étaient magnifiques.

En novembre, nous avions une semaine de vacances, alors nous avons rejoint mon mari à Portland et passé Thanks Giving là-bas. Je connaissais déjà la région pour y être allée en 2006, lors d’un séjour chez des amis américains et en 2009, où nous avions fait un road trip au départ de chez nous à Cupertino (South Bay of San Francisco). Les articles sur le blog vont arriver.

Enfin, le 14 décembre, nous prenions la route pour venir assister à la graduation de notre seconde fille Amy. Elle a gradué juste avant ses 20 ans. C’était une belle cérémonie (encore un article à écrire pour le blog). Nous avons pu ainsi voir les décorations de Noël de Fort Collins.

Et nous avons passé Noël en famille, avec mes parents et tous mes enfants. La fin d’année est calme. Nous voulions partir quelques jours la dernière semaine de décembre. Ce n’est que partie remise. Nous passons tranquillement ce temps à la maison. Prendre le temps de vivre dans l’instant, c’est devenu un peu ma devise.

Les rencontres et les visites

Tout au long de cette année, j’ai continué à faire de belles rencontres. Concrétiser des rencontres virtuelles : j’ai ainsi pu rencontrer à Kansas City, Delphine et Jean Philippe du blog LostintheUSA : une soirée hyper sympa autours d’un bon BBQ de KC et un bon verre. On aurait aimé qu’ils restent plus longtemps mais la route les appelait. Le lendemain, nous rencontrions Vincent et Claire sa femme. Vincent est journaliste pour un magasine automobile et on s’était croisé sur un Podcast.

En France, j’ai rencontré Laetitia de  French Fries & Apple Pie  : une rencontre dans nos villes d’origine, comme si on se connaissait depuis toujours. C’est amusant de concrétiser ce genre de rencontres on line. J’ai aussi rencontré Géraldine du blog Notre rêve américain. Là encore une belle rencontre, cette fois-ci à Menton.

Et puis, nous avons reçu mes frères et soeur et du coup, nous en avons profité pour retourner dans nos endroits favoris dans le coin et leur faire découvrir notre univers et surtout le Midwest.

Mon frère aîné a fait une partie de la traversée des Etats-Unis en train et avait donc prévu une escale de quelques jours à Kansas City en venant de la Côte Ouest et en repartant vers Chicago puis Montréal.

Mes réalisations

Elles ont été nombreuses et en fait, se retrouvent sur mes deux autres sites.

C’est d’abord, la sortie de mon livre : Bien manger aux Etats-Unis : le fruit d’une longue recherche mais aussi de lecture. J’avais dans la tête de faire quelques choses pour les clients que j’accompagne, mais au cours de mes lectures, j’en ai appris bien plus que je ne le pensais ! Dans ce livre, j’ai passé en revue, tout ce que l’on peut trouver aux Etats-Unis, en donnant des pistes pour ne pas se laisser piéger par l’industrie alimentaire : savoir sur quel label se fier, comprendre ce que signifie certaines appellations, et répondre aux questions que l’on se pose : est ce vraiment important de manger bio, quels produits, comprendre les équivalences avec des traductions… etc .. où faire ses courses et selon quel budget. Bref, comment privilégier la bonne bouffe et bien manger aux Etats-Unis.

 

J’ai aussi réalisé un défi de 21 jours au mois de novembre : 21 jours pour diminuer l’impact de l’environnement sur votre santé : la seconde édition aura lieu en février : je vous y invite si vous voulez par là. J’ai été passionnée par le sujet que j’ai suivi à travers plusieurs cours pris auprès d’une coach américaine.

Ce que je retiens de 2018

Malgré les coups durs et les stress, nous avons pris cette année avec philosophie : un peu de yoga de méditations pour moi, pour me recentrer et diminuer ce stress latent. Bien obligés pour essayer de passer à travers. On le sait, tout finit toujours par s’arranger : c’est avec ce genre d’espoir que je construis ma vie, une espèce de confiance en la vie qui m’accompagne souvent. Je suis mes intuitions, parfois, ce n’est pas le chemin le plus facile, mais c’est comme cela !

Vivre à l’étranger, ce n’est pas forcément le rêve : on a les mêmes galères que partout, il faut ajouter ici un monde que l’on ne comprend pas toujours, un monde qui nous échappe et qui parfois, nous joue des drôles de tour. Ca fait longtemps que nous vivons en dehors de notre zone de confort. C’est particulièrement ce que les gens, ici ne comprennent pas. C’est de toute façon, une vie en marge : en marge de tout : en marge de son propre pays, en marge de ce pays d’adoption qui ne nous a pas encore totalement accepté. Il faut se fondre, c’est ce que l’on fait, on a de plus en plus d’amis américains, mais on reste toujours les Frenchies du coin. J’ai réussi à trouver ici à Kansas City, une certaine zone de confort. Je n’ai plus besoin de GPS pour me déplacer (presque plus), j’ai mes repères, je connais les habitudes de vie, les coutumes, je vibre aux victoires de l’équipe de foot locale (qui va au Playoffs d’ailleurs), je suis au courant de l’actualité de la ville. Je suis beaucoup moins choquée des réactions de gens qu’avant, je suis moins étonnée des choses, mais au fond de moi, je garderai toujours cette sensation d’être une étrangère. Heureusement, la gentillesse des gens, même si elle est la plupart du temps superficielle, aide. J’adopte peu à peu certaines habitudes de vie, j’adopte aussi certaines attitudes …

  • il y a encore des moments où je ne comprends pas tout ce qu’on me dit, même si j’ai une oreille, bien plus habituée maintenant,
  • je n’arrive pas toujours à me faire comprendre, même si j’arrive à avoir de longues discussions avec mes amis et rencontres américaines,
  • j’ai un mal fou à me dire que je peux trouver du boulot ici, même si je me suis formée en anglais en aromathérapie et que j’écoute à longueur de temps la radio américaine,
  • je ne m’y retrouve toujours pas dans les supermarchés américains pour acheter à manger, même si cela fait 10 ans que j’y habite,
  • j’ai toujours envie de répondre par la négative au caissier qui me demande : « did you find everything ok ? » Non, désolée, je ne trouve pas tout ce que j’aimerais acheter, je compose et m’adapte.

De cette situation, où nous sommes toujours à danser sur un pied ou l’autre, nous vivons en permanence à la recherche d’un équilibre, et c’est pour cela que gérer en plus des catastrophes, est encore plus difficile. Comment ne pas se révolter, quand tu reçois ta facture d’hôpital et que tu dois encore payer 2500 $ après déduction de l’assurance, que le médecin que tu as vu juste 5 mn, te facture, 500 $ la visite. Comment ne pas être révoltée quand ta fille après avoir glissé sur une plaque de verglas et failli perdre la vie, se retrouve condamné devant un tribunal à payer une amende de plus de 160$ pour conduite dangereuse, sans rien pouvoir expliquer et en devant signer le rapport mensonger de la police … comment ne pas être révoltée, quand ton mari perd son travail en 5 minutes, sans aucune raison, sans indemnité et que il faut rechercher des solutions pour une assurance santé ! et ben non, on fait avec, on prévoit et on continue à vivre ….

On continue à espérer et on puise dans sa vie de tous les jours, auprès de ses amis et de sa famille au loin, les joies et le réconfort. Et on sait au fond de nous, que heureusement, la vie nous réserve bien plus, des enfants qui s’épanouissent dans leur université, avide de savoirs et de connaissances, dans leurs écoles, à travers leurs amitiés et leurs réalisations.

On a aussi de magnifiques moments, où on se dit qu’on ne regrette rien : je m’émerveille des couleurs du ciel du Kansas au coucher du soleil, de voir passer les biches devant notre fenêtre, de voir des magnifiques oiseaux venir manger sur notre balcon, de découvrir encore des nouvelles choses dans cette région perdue en plein centre des Etats-Unis ! Ma vie d’expat ou plutôt d’immigrée, je ne l’échangerais pas !

11 Comments

  • Merci pour ton honnêteté ! J’espère que vous vous êtes toutes les deux bien remises. Félicitations pour sa graduation ! C’est parce qu’elle a pris plus de cours que le minimum par semestre ?

  • contente d’apprendre que ça va mieux pour vous
    année difficile mais dont vous vous êtes sortis
    vs êtes des warriors
    je n ai jamais vécu à l’étranger mais j ai tjrs su particlièrement aux Usa que rien n’est tout rose
    vraiment fort ce que vs avez réussi à faire ces 10 ans, s’adapter à ce pays

  • Je vous souhaite une belle année 2019, à vous ainsi qu’aux personnes qui vous sont chères, Isabelle, une année pleine de douceur et de joies et surtout plus facile que 2018. J’espère que les très grosses tempêtes de neige qui ont traversé le pays très récemment, et notamment le Kansas, ne vous ont pas causé trop de problèmes. Quand je vous lis, je pense à mes parents qui ont eux aussi vécu à l’étranger avant ma naissance et aux étrangers qui vivent en France et qui sont si mal accueillis bien souvent . Or comme le disait ma mère, personne ne quitte son pays par plaisir en général, si ce n’est pour voyager ou pour une simple expérience. Ce sont des concours et des enchaînements de circonstances qui ont des avantages et des inconvénients. Tout n’est pas facile et cela demande une grande faculté d’adaptation et de la résistance. Vous êtes souvent en dehors de votre zone de confort. J’espère que la suite sera plus facile. En tous les cas, merci de nous faire partager votre expérience à travers vos blogs et les réseaux sociaux, et encore très bonne année Isabelle ! 🙂

  • Excellente année 2019,
    Et merci pour ton blog très intéressant, qui permet de découvrir un pan de la culture états-unienne.
    En fait je laisse un commentaire (pour une fois, d’habitude j’hésite), parce que j’ai été très étonnée par une chose : la vidéo avec le train…il roule lentement ou c’est moi qui estime mal la vitesse ? Le train aux Etats-Unis ça va toujours à cette allure ?

    • Bonjour, et merci pour votre commentaire. Pour le train, je ne sais pas : il va à une vitesse normale je pense de l’ordre de 100 km heure : pour faire Santa Fe Kansas City il faut environ 10h donc cela correspond à peu près à cela !

  • Isabelle je te souhaite une très bonne année 2019, j’espère qu’elle sera beaucoup plus paisible que 2018. j’espère aussi qu’on pourra se rencontrer et prendre un pot ensemble cette année et vraiment je t’envie malgré les difficultés de vivre dans ce pays que j’adore et où je me suis trouvé une seconde famille qui me fait vivre les USA de l’intérieur, ça c’est autre chose que du tourisme! A bientôt à Kansas City et Go Chiefs, Go. Bises. Dom.

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