Séjour à Moab hiver 2017 : la chute

{Article écrit le 14 janvier. Le 15 janvier, un événement que je relaterai peut-être plus tard, s’est passé et j’ai du tout quitter pendant une semaine. En repensant à cet article, je le trouve bien dérisoire mais j’ai quand même décidé de le publier car finalement, cet événement a joué un rôle non négligeable dans ce qui a suivi.}

Je ne pouvais pas commencer ma série d’articles sur nos vacances à Moab à Noël 2017, sans parler de ce qui m’est arrivé lors de ce séjour. Partis le 22 décembre de chez nous, nous étions arrivés le 23 à Moab, dans une maison que nous connaissions déjà car nous y étions venus à l’été 2013, et nous y avions séjourné 9 jours. Troisième séjour à Moab pour nous avec une première pour un séjour en hiver. Seconde fois cependant que nous passions des vacances, l’hiver dans les parcs nationaux de l’Utah, puisque notre premier voyage dans l’Ouest avait eu lieu tout juste il y a 10 ans.

En arrivant, nous découvrons les alentours de Moab complètement blancs avec 30 cm de neige tombés la veille. Le paysage est dépaysant et magnifique. Au programme, nous avons comme projet de nous balader à notre rythme. Il nous faut d’abord nous reposer des 1500 km que nous venons d’avaler en deux jours avec une escale à Denver et surtout un passage plus que difficile sur les cols à 3000 m d’altitude de la Highway 70.

D’ailleurs, nous mesurons au petit matin, que nous avons eu vraiment beaucoup de chances car nous y sommes passés vers 13h et quelques heures après, ils ont dû fermer l’autoroute. La route étant en fond de vallée sans aucune autre alternative de chemins, les gens ont tout simplement été coincés sur l’autoroute et ceux qui ont pu sortir à temps, ont pu passer la nuit dans des abris de fortunes.

Nous pouvons donc préparer Noël tranquillement. Nous nous organisons un petit réveillons avec les moyens du bord et quelques denrées achetées au passage à Denver. Le supermarché de Moab offre beaucoup de choses, mais pas très réveillon à notre goût. Nous achetons aussi 3 décorations de Noël dans un Général Dollars Store local et décorons la maison pour y créer un esprit de fête.

Voici notre programme, je reviendrai bien sûr en détail sur ces 4 magnifiques balades ultérieurement. (avant les vraies photos, un aperçu de mon instagram)

Le 24 décembre dans l’après-midi, nous commençons nos balades par une virée à Arches dans le secteur des Windows. Le ciel est laiteux, le paysage, froid et glacé. Le lieu est presque vide, c’est totalement magique.

Le 25 décembre, nous retournons à Arches, mais cette fois-ci, je veux faire une balade dans un des endroits que j’aime par dessus tout dans ce parc : Park Avenue. Le chemin est glacé et je fais une boucle en partant par la route. On n’y croise personne sauf quelques asiatiques qui eux ne fêtent pas Noël. Quel merveilleux endroit pour passer Noël.

Le 26, c’est à Canyonlands que nous nous dirigeons et plus particulièrement à Island in the sky. On ne se lasse pas de la vue et nous allons jusqu’au Point of View, par une balade tranquille.

Le 27 c’est plus au sud que nous allons : nous voulons retourner aux Needles, une partie du parc qui est très reculée et dans laquelle, nous ne sommes pas allés lors de notre dernier séjour, mais nous y sommes allés lors de notre premier séjour et nous y avions même campé. J’avais oublié combien la route est magnifique. Je ne m’en lasse pas. Nous arpentons en voiture rapidement les routes disponibles, et nous décidons de nous poser à Elephant Hill. Nous commençons alors une balade.

Le paysage est magnifique, mais le chemin escarpé et nous traversons différents terrains. Je suis émerveillée par ce que je découvre et j’ai déjà en tête de revenir déjà (je reviendrai plus en détail sur cette magnifique balade). Nous marchons un bon moment. A un moment, mon mari et mes filles décident de continuer, tandis que je rebrousse chemin avec mon petit dernier. Nous marchons ensemble une bonne heure. Le soleil baisse à l’horizon. L’air devient plus frais. En revenant, je mesure le chemin parcouru dans l’autre sens, mais j’ai vraiment un sentiment de gratitude face à ce paysage qui me fascine.

La voiture est en vue mais le chemin escarpé. Je ne me souvenais pas qu’il était si pentu. J’en suis à ces réflexions, quand je me dis que j’ai soif et très envie de boire le thé que j’ai laissé dans la voiture et qui doit être glacé. Il reste 100 m avant la voiture. Je mets le pied sur un rocher alors qu’en même temps je calcule où je vais mettre mon autre pied. Mais je n’ai pas le temps de finir mon calcul, mon pied droit glisse et je m’abats sur le côté. Mon appareil photo est autour de mon cou, protégé contre mon coude gauche. Je tombe sur ce côté-là et je me dis : « mon pauvre appareil photo va souffrir ». En même temps, je pense que je vais me faire mal et comme j’ai déjà fait une chute en octobre sur mon coccyx, je me dis que c’est trop bête. Mais je n’ai pas le temps de finir cette pensée, car je me rends compte que ma chute n’est pas terminée et je me mets à tourner sur moi même, une fois, peut être deux fois. J’ai crié en tombant, j’entends mon petit loup qui m’appelle et qui accourt, pendant que je continue cette chute qui ne semble pas se terminer. Elle se termine enfin quelque 1m50 plus bas. Ma jambe gauche heurte un rocher et mon arcade sourcilière s’abat sur un caillou. Ouf c’est fini. Je vérifie, c’est OK, je ne suis pas toute cassée. j’ai mal, mais je peux bouger et j’entends mon petit loup qui me hurle : « maman maman » et qui arrive. Alors je pense à un film où une petite fille part en balade avec son père et son père fait une chute et elle se retrouve toute seule à gérer car son père a perdu connaissance. Je m’assois aussitôt. Il arrive à ma hauteur et me dit : « oh maman, tu as plein de sang. Je touche là où ça fait mal et j’ai une énorme bosse et effectivement, j’en ai plein les mains. Il pense tout de suite à me donner de la neige. Je mets un peu de temps à me relever, je suis tremblante et nous commençons notre descente jusqu’à la voiture. Mon appareil photo est intact … et moi aussi… enfin presque… mais je n’ai pas la force de le porter, il le prend autour du cou.

J’arrive à la voiture, toujours la main sur le front. Il fait froid. Je suis alors un peu dans le brouillard. Le reste de la famille arrive 20 minutes plus tard. Mon petit bonhomme avant leur arrivé s’est démené pour m’amener un biscuit et j’ai pu boire la fin de mon thé. Il me pose des questions pour que je reste présente, c’est drôle de voir comment il prend soin de moi et c’est quand les autres arrivent que je me sens partir, je suis dans un épais brouillard et j’ai les oreilles dans du coton. Je les entends au loin se démener et aller au devant d’une dame pour lui demander de l’aide. Elle connaît un ranger et décide de nous emmener chez lui car il est chargé de la sécurité des personnes dans le parc. Aux Needles, le district est très reculé et nous sommes à une heure et demie de Moab. Il nous conseille d’aller à l’hôpital en arrivant. Il peut aussi faire venir une ambulance mais je suis un peu mieux et je dis que je suis ok. Je reste encore un peu vaseuse. Je suis revenue peu à peu. Je n’ai en fait jamais perdue conscience, entendant ce qui se passait et répondant aux questions de mon entourage, inquiet, mais j’étais comme bloquée paralysée, incapable de m’extirper de cette torpeur : j’étais en fait transie de froid.

Quelques heures plus tard, nous arrivons aux urgences de l’hôpital de Moab. Le personnel est très sympa et finalement, nous arrivons à blaguer avec le médecin et le radiologue. Je passe un CT-scann et une radio de la jambe car celle-ci les inquiète. N’ayant rien mis dessus, l’hématome est imposant. Quant à l’oeil, je suis défigurée.

Finalement, au bout de 2h, je n’ai rien : pas de commotion cérébrale, (c’est ce qu’ils craignaient tous) et nous pouvons partir. Et nous passons devant une carte, où ils nous demandent de mettre l’emplacement, où je suis tombée. La carte est remplie d’aiguilles représentant tous les accidents qu’ils ont eu à traiter sur 2017.

Mon oeil a mis 5 jours à guérir et les traces sont parties en moins d’une semaine : j’ai encore une belle cicatrice qui s’estompe. Ma jambe a mis bien plus longtemps : elle est encore gonflée.

En quittant l’hôpital, le médecin m’a demandé de rester tranquille dans les 2 prochains jours. Il avait raison, j’étais sonnée par le choc et j’étais bien incapable d’aller me promener. Le reste de la famille a continué les balades pendant les 2 jours restant. Je suis restée au chaud avec mon petit bonhomme, qui lui aussi avait un choc à guérir.


Cet événement m’a confirmé que l’on est jamais assez préparé à affronter ce genre de problème : que l’on soit expatrié depuis longtemps comme nous ou même en voyage. Ça peut arriver n’importe quand, sans prévenir.

Dans ces cas-là, il vaut mieux être bien assuré (avant l’assurance, notre facture s’élève à plus de 4000 $, pour info) et savoir aussi quoi faire sur le moment mais aussi après. Dans mon livre : le Guide Santé et Voyages aux Etats-Unis, je vous apporte des éléments qui vous aideront dans bien des cas. Il est disponible sur Amazon en France et aux Etats-Unis.

 

6 Comments

  • Dur, dur quand même cette chute, heureusement que tout s’est bien fini.
    J’espère que l’évènement impromptu n’est pas grave et que tout va bien pour votre famille.
    Je n’avais jamais eu l’occasion de vous remercier car je commente peu (une fois je crois sur les environs du lake Powell, muley poibnt etc) même si je lis tous les articles mais je voyage beaucoup aux Etats-Unis et en septembre dernier, grâce à votre article sur votre autre blog, j’ai pu facilement soigner mon infection urinaire (j’avais pourtant expérimenté tout un tas de produits aux Etats-Unis mais sans grand succès) et profiter de la suite de mon voyage!
    Bonne journée!

    • merci beaucoup Julie pour ce petit mot. C’est toujours sympa de lire des commentaires de ses lecteurs. Et je suis contente de voir que mes conseils vous onté té utiles.

  • Oh là là, j’espère que tu te remets bien Isabelle, physiquement et moralement.
    J’en profite pour te souhaiter ainsi qu’à ta famille une belle et heureuse année 2018.
    Bisous.

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