Burning Man : interview de Christine Lewicki

Sur le blog, je vous avais déjà parlé de Burning Man, ce festival en plein désert du Nevada qui réunit chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes. J’avais interviewé Laurent Le Gall (voir articles en bas). Cette année, j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Christine Lewicki. Christine est l’auteur de nombreux ouvrages de coaching, dont le plus connu est certainement : J’arrête de râler !

Je suis d’autant plus contente de l’accueillir sur le blog, que Christine a été l’un des premiers auteurs que j’ai lu en matière de développement personnel. Elle a su trouver dans son premier livre, une façon de m’atteindre et si j’en suis là où je suis maintenant, c’est certainement grâce à elle en particulier. Alors comme j’aime partager ce qui m’inspire, j’ai voulu l’interroger sur son expérience et c’est avec beaucoup de simplicité, qu’elle a répondu à mon offre. Les questions sont venues comme cela et à peine, quelques minutes après, elle m’avait déjà répondu.

Christine est coach d’entreprise, conférencière et auteur. Christine a écrit plusieurs livres et anime régulièrement des ateliers de développement personnel. Christine vit à Los Angeles. (voir ses sites web en bas).

Qu’est ce qui t’a donné l’idée d’aller à Burning Man cette année ?

Je vis à Los Angeles et j’ai de nombreuses personnes autour de moi parmi mes amis mais aussi mon réseau professionnel qui vont à Burning Man depuis plusieurs années. Cela fait au moins 3 ou 4 ans que nous rêvions de nous y rendre mais les dates sont difficiles pour les parents car Burning Man se déroule sur la semaine de la rentrée des classes ! Nos enfants ayant grandi et aucun ne faisant une rentrée « particulière » (nouvelle école) nous avons pu cette année planifier une organisation qui leur convienne en notre absence.

Comment en avais tu entendu parlé ?

A Los Angeles, on entend beaucoup parler de Burning Man.

Est ce que pour toi cela a été une expérience transformante ?

Oui Burning Man transforme car nous vivons pendant 8 jours une expérience hors du temps, hors des normes. C’est un peu comme si nous étions dans une autre dimension où les règles et normes qui s’appliquent ici n’existent pas là-bas. Nous vivons sans horaires, sans argent, sans limites, sans inhibitions, sans jugements ! Quel soulagement !

Y avait-il une quête de spiritualité dans ta démarche ?

Oui pour moi il y a une quête de spiritualité dans le fait d’aller à Burning Man. Je ne peux pas dire que c’est le cas pour tout le monde. Ce que j’ai vécu pendant ce premier Burn, c’est la possibilité d’aimer beaucoup plus et de recevoir beaucoup plus d’amour. Vivre avec mon cœur ouvert et laisser mon désir d’aimer et d’être aimée prendre plus de place. Ne pas laisser mes responsabilités et mon stress d’adultes former une carapace autour de mon cœur. Développer ma sensibilité, mon empathie, démultiplier ma tendresse vers mon conjoint et mes enfants mais aussi vers toutes les personnes que je côtoie au quotidien.

Est ce qu’on vient à Burning Man pour faire une expérience mystique ?

Pas forcement. Je crois que chaque Burner vient pour ses raisons et reçoit finalement exactement de dont il avait besoin.

Les rencontres : les Burners que je connais, parlent tous de rencontres étonnantes…  Oui nous faisons de belles rencontres à Burning Man. Avec des personnes que nous n’aurions probablement jamais rencontrées dans la vie ordinaire, mais tout d’un coup nos chemins se croisent et on commence à partager. On repart enrichie de la richesse de cet échange et de la richesse de nos différences.

Les Burners parlent aussi de la spiritualité qui se dégagent des temples qui vont brûler ? Est ce que c’est ce que tu as ressenti ?

Le temple à Burning Man est un de mes lieux préférés. C’est d’abord une construction absolument magnifique (et dire qu’elle a créée rien que pour nous et qu’a la fin elle est brûlée!). Cette année j’ai appris que c’était un architecte français ( fierté), ARTHUR MAMOU-MANI qui l’avait créée. Le temple c’est LE LIEU CALME de Burning Man. Un lieu de ressourcement et de recueillement où nous pouvons écrire, dessiner, prier. Honorer ce que nous avons sur le cœur, écrire nos désirs, nos rêves, nos projets mais aussi faire le deuil de ceux qui nous ont quitté.

Chaque jour, des milliers de personnes viennent y rendre visite et y déposent des messages, des objets, des images qui le dimanche soir, seront brûlées avec le grand feu du temple.  Une foule immense de Burners se retrouvent dans le SILENCE LE PLUS COMPLET pour cet événement fort et profond. Une fois les grosses flammes passées, on nous laisse la possibilité de nous approcher. Nombreux sont ceux qui se recueillent toute la nuit, qui marchent ou dansent entre les braises (nus ou habillés) pour dire au revoir à Burning Man, laisser dernière eux ce dont ils n’ont plus besoin et ne garder que ce qui alimente leur flamme intérieure.

Burning Man 2018 – aerial view – 4k from Philippe Meicler on Vimeo.

 

Finalement, qu’est ce que l’utopie de Burning Man ?

Comme je le décrivais plus haut « C’est un peu comme si nous étions dans une autre dimension où les règles et normes qui s’appliquent ici n’existent pas la bas. Nous vivons sans horaires, sans argent, sans limites, sans inhibitions, sans jugements ! ». Chacun vient à Burning Man pour donner et partager. Donner des cadeaux, partager ses talents, exprimer sa créativité. Cet état d’esprit fait de Burning Man un lieu de création artistique absolument incroyable. Certaines personnes travaillent toute l’année pour préparer ce qu’elles veulent apporter à Burning Man. Nous y trouvons des installations artistiques gigantesques ou des Art Cars absolument hallucinantes.

Finalement qu’est ce qu’on fait toute la journée à Burning Man ?

On se promène à vélo, on s’arrête au fil de nos envies dans des camps où les Burners offrent une animation (souvent accompagnée d’alcool mais pas tout le temps !), on distribue nos cadeaux, on visite les œuvres d’art, on suit des ateliers (nous avons suivi en couple un atelier de Tantra, un autre d’hypnose, un cours de danse…), on fait des rencontres, on danse, on se déguise (si on a envie), on vit avec délectation l’instant présent et quand le corps nous le demande… on se couche !

Ce que tu as aimé par dessus tout ?

La culture du don ! Les œuvres massives qui ont été créées et apportées à Burning man ( je ne sais pas comment !). Le temple Galaxia. Les moments magiques que j’ai vécu avec mon mari !

Ce que tu n’as pas aimé ?

Je ne pensais pas qu’il y aurait autant d’alcool et de musique électronique partout. J’aime la musique électro mais dans le style un peu mellow/groovy et j’ai eu un peu de mal à trouver les endroits où cette musique était diffusée (je sais qu’il y avait des DJ que j’aime sur place mais je ne sais pas où ils étaient).

Est ce que tu y retourneras ?

Oui c’est déjà prévu … dans 2 ans (car l’année prochaine j’installe mon aînée a l’université !). Cette fois, nous aimerions y aller avec un camp pour avoir les moyens de donner encore plus à la communauté en fédérant nos efforts autour d’un projet commun.

Est ce que cela va t’inspirer dans ton travail quotidien et dans ta façon de voir le monde ?

oui évidemment. j’ai déjà identifié des sujets que je voudrais développer dans mon travail ( et dans mes livres) et je suis constamment en train de voir comment je pourrais agir et me positionner autrement au quotidien pour incarner les valeurs de Burning Man ( voir les 10 principes de Burning Man). Exemple : J’ai commencé par convaincre ma petite dernière et sa copine à faire un tea stand GRATUIT dans la rue au lieu du traditionnel Lemonade stand payant.

 

Je remercie Christine Lewicki d’avoir répondu avec tant de simplicité et de gentillesse à mes questions.

Est ce que moi, j’irai à Burning Man un jour ? Peut-être ? on verra ..


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Vous retrouverez Christine Lewicki sur les sites suivants :

 

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