March for our lives à Kansas City

Je n’avais pas forcément prévu d’y venir mais c’est ma fille qui y a tenu : le samedi matin, elle m’a demandée d’aller participer à la March for our Lives à Kansas City.

Depuis plus d’un mois, cela s’agite à tous les niveaux dans les high schools. Le shooting de Parkville, Florida a remué les esprits bien plus que les autres shooting. Et dès le lendemain, les choses étaient prises au sérieux aussi bien par l’administration que par les élèves bien sur dans la high school de mes enfants. Savoir comment se protéger d’un shooting faisait déjà partie de leur entraînement : ils doivent souvent se soumettre à un code red ou à un lock-down (exercice de protection en cas d’attaque intérieure ou de menace extérieure). Mais face à ce qui venait de se passer, l’administration avait demandé lors d’une assemblée extraordinaire que tous cogitent de façon à ce que des nouvelles idées émergent. C’est ainsi que de nouvelles réglementations dans l’ouverture des portes ont été adoptées, des talkies walkies ont été distribués aux profs pour qu’ils puissent communiquer plus facilement en cas de problèmes.

Le 14 mars lors de la commémoration , la première manifestation, celle-ci n’a pas pu avoir lieu dans l’école : et pour cause, le district était en vacances. Alors, il est vrai que pour certains élèves, aller à la marche était comme un symbole.

Samedi 24 mars, il fait frais et le programme pour cette marche semble décousu : il est annoncé un podium et un rassemblement. Bref, je ne sais pas trop à quoi m’attendre quand nous décidons d’y aller vers 1h30, alors que cela a commencé à midi. Je gare la voiture un peu loin : il nous faut 10 mn à pied pour gagner le grand champ, aménagé à l’occasion. Tout ce que j’ai compris c’est que le maire de Kansas City, Missouri, parle à 2h.

En chemin, nous croisons pas mal de gens qui en reviennent, tandis que nous sommes aussi dans un flot qui y va. Apparemment, tous les gens ont eu la même idée d’aller se garer dans le quartier voisin, le Plaza. Nous y arrivons et je trouve rapidement l’ambiance bon-enfant. Mais surtout je suis étonnée d’y voir pas mal de personnes d’un certain âge, et même d’un âge avancé. Il y a même des vétérans. A l’autre bout du parc, il y a des tables et des gens sont venus avec des bulletins d’inscription pour inciter les gens à s’inscrire sur les listes électorales. On nous y donne des pancartes : March for our lives et Mom demamd Action ! Ce que j’aime là, c’est lire les panneaux et voir leur originalité.

 

Nous écoutons pendant une heure environ des discours, préparés par des élèves aussi bien du côté du Kansas que du Missouri. Certains sont poignants. Le maire de la ville de KC (Missouri) vient parler et son discours est intéressant : il dit entre autre que cela lui rappelle quand il manifestait contre le Viet-Nam.

Mayor Sly parle

Au centre du parc, nous voyons des policiers. Ils semblent se concerter et même à un moment, ils semblent être un peu nerveux. Et je comprends assez rapidement pourquoi : un gars est là, en tee-shirt (il fait très frais) avec un fusil sur l’épaule. Son tee-shirt porte un message et sur son fusil, il a mis dans le goulot, un drapeau avec un message aussi. Il veut en fait dire et protester à sa façon pour dire qu’il a le droit d’avoir ses opinions et être en faveur du port d’arme. Le fusil rend vraiment les policiers très nerveux, mais c’est surtout quand plusieurs personnes viennent lui parler et lui dire, que sa présence avec son fusil est inappropriée. J’entends plusieurs personnes venir lui parler : les conversations restent polies mais à chaque fois, les policiers se ressèrent autour comme prêt à intervenir si la conversation s’envenime et/ou que le gars fasse mine de se servir de son fusil.

Cette anecdote nous interpelle et nous amuse et ma fille s’approche pour écouter les conversations. Vers 15h, la marche commence et nous partons marcher. Les routes ne sont pas coupées et les voitures qui passent klaxonnent en solidarité. Su le passage, nous voyons pas mal de panneaux. Sur le passage, des gens ont aussi mis des panneaux sur leurs fenêtres.

Ce que j’en ai pensé

J’y suis allée en curieuse. Il est vrai que Kansas City n’a pas attiré les foules : il a été recensé quelque 6000 personnes. On était loin du compte des grandes villes. Cela s’explique par le fait que la banlieue est de toute façon assez marquée républicaine, même si la ville est démocrate. J’ai été étonnée de voir la diversité des gens présents. Beaucoup de jeunes mais surtout beaucoup de gens plus âgés. Moi ça m’a donné de l’espoir.

PS : J’ai raconté sur Twitter l’anecdote du gars au fusil, j’ai récolté une insulte de la part d’un admirateur trumpiste de la fashosphère française….

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