Le paradoxe des parcs nationaux américains : les ours

Quand on visite les parcs nationaux des Etats-Unis, on est souvent frappé par la diversité de la faune présente. Il n’est pas rare de rencontrer des animaux sauvages de grandes tailles, elkes, bouquetins, proghorn mais aussi des ours. Dans les parcs, il est bien demandé de ne pas les approcher de trop près mais on trouve souvent des attroupements. Le parc est devenu un lieu de protection, mais surtout un lieu de rassemblement pour les gens qui veulent approcher la nature au plus près. Malheureusement, la foule entraîne souvent des perturbations dans la vie de ces animaux, empêchant ainsi leur plein épanouissement dans les parcs, sensée les protéger.

Le cas des ours de Yosemite

C’est au Yosemite que la population des ours bruns est la plus grande. On trouve aussi de nombreux ours bruns dans le parc national de Séquoias. C’est en tout cas là que j’en ai vu le plus. Partout dans ces parcs, on vous met en garde contre les ours : il ne faut rien laisser dans les voitures ou les tentes, comme nourriture. Les poubelles sont protégées par un système de poignées. Quand vous rentrez dans les parcs mentionnés, vous verrez partout des signes pour vous expliquer cela : respectez-les !

Quand vous vous promenez dans la nature, on vous dit de marcher en faisant du bruit : l’ours aura plus peur que vous et partira très vite. C’est si vous rencontrez une maman avec un petit, qu’il faut être le plus vigilant : la maman ours peut devenir agressive et vous attaquer.

Dans le Sequoia National Park, nous nous étions retrouvés nez à nez avec un ours : celui-ci passait son chemin à quelques 10 m de nous. Nous étions restés très calme pour le laisser passer. Il ne nous avait pas vu.

Alors pourquoi toutes ces précautions, si ils ont plus peur de nous que le contraire : parce-que, leur laisser accès à de la nourriture humaine les mettra en danger pour plusieurs raisons et du coup mettra en danger la population humaine. Quand les ours ont accès à la nourriture humaine, ils développent très rapidement une accoutumance et vont vouloir toujours revenir dans les campements pour retrouver cette nourriture. Ce désir engendre des comportements agressifs qui peuvent devenir dangereux pour l’homme. La menace étant trop grande parfois, il devient alors nécessaire d’éliminer l’ours, si aucun programme de réintroduction en milieu naturel, ne peut plus s’appliquer.

A Yosemite, les rangers, repèrent les spécimens en danger et les capturent pour aller les relâcher en pleine nature pour les faire revenir à la vie sauvage, le plus rapidement possible. Les ours sont traqués pour savoir où ils se dirigent et noter si leur comportement redevient normal. Parfois, cela échoue et ils se voient dans l’obligation d’éliminer l’ours qui est devenu trop dangereux pour tous : l’ours devient agressif, et peut attaquer des hommes, d’autres part, il sera toujours en quête de nourriture humaine et les dégâts qu’il engendre dans sa quête peuvent parfois être dramatiques (voiture cassée, poubelles défoncées, portes arrachées.. attaques humaines). Les efforts constants des rangers pour diminuer l’incidence de ce problème finit par payer : la proportion d’ours addicts à la nourriture humaine a baissé de 35% entre 1970 et 1998.

C’est en 1999, que ce problème fut abordé au congrès et qu’un fond fut envoyé afin de pouvoir allouer des rangers dans cette mission. C’est à Yosemite que ce programme commença à être implémenté. Le programme n’est pas facile à mettre en place : certains se demandent si il est vraiment utile, de nombreux rangers sont découragés et en tout cas, ils vous le diront : être amené finalement à éliminer un ours est très décourageant.

L’histoire des ours du Yellowstone

A Yellowstone, on trouve à la fois des ours noirs et les grizzlis qui sont une sous-espèce des ours bruns. On compte environ 150 grizzlis à Yellowstone. Les grizzlis sont réputés pour être plus dangereux pour l’homme. Il faut savoir quoi faire si vous en rencontrez un : stopper, ne pas courir, reculer et si il charge, lui envoyer un spray dans la figure. Si vraiment, il vient plus près, se mettre à plat ventre, les mains sur la nuque ! Mais comme l’explique le ranger dans cette vidéo, vous avez 1 chances sur 1,9 millions de rencontrer un ours dans le parc. On trouve les ours le plus souvent à l’orée des bois, comme dans cette balade que nous avions faite dans la Lamar Valley (au nord-est du parc).

Le parc de Yellowstone fut créé en 1872 pour “le bénéfice et le plaisir des populations”. Dans le milieu du 20ème siècle, les ours avaient pris l’habitude de venir manger les poubelles des hôtels. Puis, cela était devenu un spectacle : on attirait les ours avec de la nourriture, et les gens se rassemblaient pour le spectacle : c’était devenu le Bear show. Cela dura jusque dans les années 60. Puis, les autorités de parc comprirent que cela n’avait pas de sens et arrêtèrent ces pratiques, mais les ours étaient désespérés de ne plus trouver cette nourriture si calorique. Ils mirent plusieurs années à s’en remettre et le parc dû faire face à de nombreux comportements agressifs de la part des ours.

A West Yellowstone, dans le Montana, un village à l’ouest du parc, vous pouvez aller voir des ours noirs et des grizzlis en captivité. C’est le Grizzli and Wolf discovery Center.  Ces ours ont tous une histoire et ont du être retirés de la nature pour pouvoir survivre : ils étaient devenus dangereux ou tout simplement, ils étaient malades.

Le conseil

Si vous vous rendez dans les parcs nationaux, suivez les consignes : ne vous approchez pas des animaux sauvages. Ne les dérangez pas. Ces ours pris en photo, c’est sur le bord de la route que nous les avons rencontrés ou en pleine forêt à Sequias National Park.


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4 Comments

    • merci Catherine, en fait, on retrouve cette proximité aussi dans d’autres parcs, notament le Rocky Mountain NP au Colorado .. mais yellowstone, c’est puissance 10 en fait

  • Hey, super intéressant ton article! j’ai pu voir lors de mon voyage à Yosemite près des camping, un moutain Lion ou un lynx je ne sais pas trop …je l’ai vraiment vu se faufiler dès qu’ils nous a vu il s’est enfui mais en tout cas c’était bien un fauve sauvage …

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