6 ans d’expatriation aux Etats-Unis : le départ

#1 : Le départ : fin d’une tranche de vie

Il y a 6 ans, nous quittions notre vie grenobloise et mettions fin à 5 ans d’une vie sympa dans cette si belle région. Nous n’en étions pas à notre premier départ, mais c’était le premier à 6.

A l’heure où je vous parle, le déménagement était déjà parti et nous étions dans les derniers au revoirs. La soirée des adieux avec les amis avait eu lieu 3 semaines avant. La suite n’avait été que rangements, tries et tout s’était enchaîné très vite. 
Il y a 6 ans, le déménagement venait de se terminer. Nous étions à quelques jours du départ. Nous étions complètement épuisés, à tel point qu’il y a des séquences dont je ne me souviens pas. Les enfants étaient en vacances.
Devant, nous il nous restait à nettoyer notre maison vide, amener les enfants chez mes parents, aller à Paris pour les visas, revenir, retourner prendre les enfants … dire au revoir .. et partir… Un vrai tourbillon.. à faire en 6 jours.
Je ne sais plus comment les enfants sont allés chez mes parents, il semble que je les ai amenés, mais je n’en ai aucun souvenir. Incroyable d’avoir effacé de sa mémoire, un aller-retour en voiture et certainement un court séjour. Trop de fatigue et d’émotions à gérer.
Par contre, je me souviens de notre départ et séjour à Paris. Nous y avions revu des amis de longue date et nous étions allés le Jour J à l’ambassade des États-Unis sur la place de la Concorde. L’attente n’avait pas été trop longue, juste une heure ou deux. Tous les papiers étaient en règle évidement et nous avions donc ensuite pu terminer notre journée en nous baladant dans Paris en attendant le train de retour. Moment surréaliste, suspendu au dessus du temps qui file inexorablement vers un ailleurs. Une belle parenthèse quand même.
De retour à Grenoble, j’étais repartie aussitôt chercher les enfants qui étaient dans les Alpes, chez mes parents. Et là je me souviens : L’hiver était arrivé sans prévenir : un 30 octobre, il avait neigé et au lieu de mettre 2h30 pour gagner mon petit coin des Alpes, j’en avais mis 5h30 : tous les cols étaient fermés, les arbres croulaient sous la neige : le 30 octobre 2008. 
Le vendredi, nous avions fait nos adieux.. nous avions le coeur lourd. Sur la route, j’étais inquiète car il y avait encore de la neige.. et à l’entrée d’un village, j’allais trop vite et j’avais été arrêtée pour excès de vitesse ; il n’y avait rien eu à faire : je n’avais pas réussi à amadouer le policier en lui disant que nous partions pour un très long voyage sans retour,  le lendemain.
Nous étions le vendredi 31 octobre 2008. Le soir même c’était Halloween chez des amis. 
Le lendemain 1er novembre, nous nous levions à 4h15 du matin, l’avion était à 7h30. Une de mes puces n’était pas bien : elle venait de découvrir qu’elle ne supportait pas l’avion et surtout ces départs. Un long, très long voyage : Lyon-San Francisco via Paris. 
A l’arrivée à San Francisco, nous y étions arrivés en retard, il était 3h de l’après midi, déjà minuit en France. Le temps de passer la douane, de récupérer toutes nos valises (de quoi s’habiller jusqu’à ce le déménagement arrive début décembre), de récupérer deux voitures.. nous partions sous des trombes d’eau : c’est un orage monumental qui nous avait accueillis dans cette nouvelle vie. 
Nous arrivions vers 18h30, épuisés dans le petit appartement qui nous avait été réservé à Sunnyvale en Californie.. Nous étions le 1er novembre 2008, le lendemain de Halloween, et sans que nous le sachions, l’heure venait aussi de changer en Californie. Notre voyage avait duré près de 24h.

Conseil d’expatrié : et si c’était à refaire ?

Je ne ferais pas tout au dernier moment : cette dernière semaine avait été bien trop chargée : finir un déménagement, avoir cette impression d’abandonner toute sa vie dans un container, avoir à gérer en plus de ce vide, un aller-retour à Paris, un nettoyage de maison, deux aller-retours à 2h30 de là et des adieux. Trop c’était trop.

Je n’avais pas eu de place pour trouver un moment pour me poser et nous préparer à l’impact affectif de ce grand départ. C’est souvent le cas, tout se précipite au dernier moment. Un départ comme celui-là, se prépare des mois à l’avance, mais il reste toujours des choses de dernières minutes qu’on n’avait pas évaluées. On se sent submergé par tout ce qu’il y a à gérer : la paperasse, les rangements, et on oublie souvent l’aspect affectif : partir c’est une énorme émotion à gérer aussi bien pour soi même que pour ses enfants et l’équilibre de sa famille. Et forcément, on le paie plus tard sans trop forcément réaliser pourquoi : quand la pression diminue, à l’arrivée quand c’est déjà trop tard.

Dans les prochains articles, je vous parlerai de tout cela, de cette arrivée en milieu d’année scolaire, des anecdotes du début, du grand décalage ressenti …

Merci de me lire .. partagez, faites le buzz .. à bientôt …

6 Comments

  • Merci pour ce chouette récit. C’est drôle, on a tous ce sentiment d’avant/après le jour du grand départ ! Pour nous c’était il y a 6 mois seulement, mais les qqs mois de préparation avant le D-Départ Day, et surtout les jours précédents, sont vraiment gravés dans ma mémoire ! Ce dont je me rappelle surtout, c’est cette incapacité à se projeter plus loin que le lendemain, en se demandant comment il sera. Et puis finalement, la routine se met vite en place. Forcément, avec 3 petits, il y a les repas, les bains, le coucher ! Ca aide à s’ancrer dans cette nouvelle réalité ! Et à découvrir que les choses ne sont finalement plus si compliquées qu’on les avait imaginées une fois qu’on est sur place.
    Belle journée (à DC, un soleil superbe !)
    Marguerite

    • Exactement cela : “cette incapacité à se projeter dans le lendemain.. et oui, ça nous a frappé de plein fouet et même si on s’y met vite, je pense quand même qu’on mets plus de 6 mois à s’en remettre …

    • Oui c’est sur, je me rend compte que je n’en suis qu’aux balbutiements…. et j’espère que dans 6 ans nous serons toujours aussi étonnés que vous l’êtes et que vous nous le faites partager à travers votre blog 😉

  • Réponse au commentaire ci-dessous, laissé et resté sur l’ancienne platte-forme de Stephanie : Merci Stephanie : Bon courage ..

    Ce grand changement, nous sommes en plein dedans. Arrivé il y a (déjà ?) bientôt 3 semaines en Californie, on vit encore au jour le jour. D’autant que le départ a été précipité : proposition mi-juin, signature mi-aout, départ mi-octobre. Le contre-coup va être rude. La rencontre d’autres expat, la lecture de blog permet de se préparer à ça. Merci de nous le rappeler

  • Réponse à Anonyme qui avait laissé un commentaire le 28 octobre, et qui est resté sur l’ancienne platte forme : nous avons été expatrié à Taiwan 3 ans et demi, et 18 mois au Maric

    article tres sympa a lire. Vous vous etiez expatries ou avant et pour combien de temps ? Merci de votre reponse

  • Réponse au commentaire ci-dessous de Louison écrit le 28 octobre et resté sur l’ancienne platte-forme : exactement .. très bien dit .. merci

    Salut! Je crois qu’on a rarement le choix sur le côté speed des derniers moments. Et j’ai exactement le même souvenir que toi concernant la parenthèse Paris pour les visas. Une espèce de bulle: voir des amis très chers qu’on n’a pas l’occasion de voir souvent, laisser le môme chez des potes, dormir dans un appart prêté, se lever hyper tôt pour être les premiers dans la queue, le stress (nous on a vachement stressé en se disant que ça pouvait merder au dernier moment) et puis Paris! C’était incroyable! En lisant ton récit, le souvenir de mon propre départ me saute dessus. Et je crois que j’ai un souvenir assez doux finalement (malgré le grand n’importe quoi!) mais j’étais enceinte c’est peut-être pour ça (les hormones font du bon boulot!) et puis le mois suivant était tellement tellement raide que par comparaison le départ me semble plutôt cool. Bonne journée

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