Le dilemme de l’expatrié au long cours : rentrer en France l’été.. ou pas ..?? pas si simple …

Ça y est, l’année a recommencé et janvier est déjà passé à la trappe.
L’été pointe déjà le bout de son nez, de loin mais il va bien falloir commencer à y réfléchir sérieusement pour envisager un éventuel retour en France pour les vacances.
Pas facile pour nous de trancher.
Nous n’avons pas mis les pieds en France depuis 18 mois, et ce sont les enfants qui le réclament le plus. Ils ont besoin de leur pays, de leurs racines. Ils ont envie de retrouver leurs cousins, revoir leurs amis et d’aller courir dans les champs.
Moi, j’ai juste envie d’aller respirer les mélèzes de mes montagnes, dévorer la cuisine de ma mère, revoir mes meilleures amies, aller me perdre dans un supermarché et faire un tour à la Fnac …
Mais pas facile d’organiser tout cela.
Et pour nous, qui ne sommes plus expatriés, mais en contrat local, forcément, c’est nous qui payons.
Alors, ce n’est pas un billet d’avion qui se prend à la légère : on essaye de voyager moins cher grâce à un comparatif de vol.
On essaye toutes les combinaisons : de toute façon, nous aurons au minimum deux arrêts, car il n’existe pas de vol Kansas City- Europe et qu’une fois en Europe, il nous faut gagner le sud de la France…
Il existe donc des milliers de combinaisons : une escale à Dallas et à Paris ? Ou plutôt un Boston-Bruxelles ? Ou encore un Chicago-Amsterdam … il faut jongler, scruter, comparer …
Bref, ça prend du temps.
Rentre en compte, le coût et dans le sens USA-France c’est toujours plus cher  !

La durée

Part-on 3, 4 semaines ou 6 semaines ? Parce-que plus on reste et plus, ça coûte .. logique … plus on est tenté … d’aller faire un tour à la FNAC par exemple …  mais augmenter la durée, cela permettrait d’organiser les choses plus calmement.

Qui ?

Les enfants partent ils seuls ? Est-ce que je les rejoins un moment ? Est-ce que je ne pars qu’un temps avec eux ?
Mon mari prend-il ses vacances en France ou aux US ?

Où ?

Chez qui je les envoie ?
Et maintenant ils sont grands alors, ils commencent à vouloir faire leur choix. Ils sont 4.
Et puis, même si je suis là, nous n’avons pas de chez nous … et nous sommes 6 ! Un mari qui n’a pas beaucoup de vacances et qui a besoin de ce temps pour DECOMPRESSER … les passer à camper à droite à gauche ?

L’organisation ?

On en discute, j’écris aux parents des copines, les amis… On tente d’organiser ce que seront leurs vacances, on jongle avec les vacances et les absences des uns et des autres… les trajets, les aller et retours.
On voit cela avec les grands-parents.
Il faut aussi louer une voiture parce qu’il faut bien se déplacer quand je reviens..
On prend aussi le train mais sans carte de réduc, famille nombreuses, parce que cela fait belle durette, qu’on n’y a plus droit.

Les obligations

Sans oublier, les rendez-vous de médecins, chez les pédiatres qui ne seront pas remboursés car nous n’avons plus la sécu : (mais de toute façon, ça sera toujours moins cher que la visite remboursée aux US)… On a aussi envie de discuter avec un bon médecin de famille, en français.

Quand ?

En plus, nous sommes décalés : l’école se termine fin mai et reprend mi-août.
Et à la mi-juillet, c’est comme si l’école reprenait déjà car de nombreux événements préparant l’année scolaire suivante ont lieu. Ma seconde doit obligatoirement être de retour fin juillet pour une semaine d’entrainement pour sa musique. Elle vient de me déclarer qu’elle serait prise à la mi-juin ….

Comment ?

Ensuite, quand nous rentrons : tout le monde veut nous voir …
Alors, on a envie de voir tout le monde, mais pas facile non plus : nous avons déjà fait nos 10 000 bornes avec le décalage horaire et les 24h d’avion. Nous n’avons pas trop envie en fait, de transformer nos vacances en éternel campement et surtout en continuel marathon.

et le plus important : les émotions

Après il faut gérer l’aspect émotionnel : J’ai passé mon année à bloguer et raconter nos aventures aux US, alors que moi de mon côté je n’ai pas reçu une nouvelle de toute l’année… Bon mais croire que tout le monde lit mon blog est un peu utopique .. donc …
J’arrive en étant au courant de rien et c’est souvent une plongée brutale : on apprend les dernières nouvelles, mais aussi ceux qui datent déjà de plus d’un an et dont personne ne nous avait parlés. Les joies, les peines, tout ça en même temps …
On se sent décalés, on ne se sent plus à notre place … et on aimerait juste éviter les prises de tête, parce que ce qui devrait être une grande joie se transforme parfois, souvent en situation plus difficile à gérer.

Et pardon, pour vous, mais la famille avec toute la charge émotionnelle que cela représente, reste la part la plus difficile : de la tristesse des séparations à la culpabilité inconsciente en passant par la rancœur, il n’y a qu’un pas, pas toujours facile à assumer et à gérer.

Please !

Partager son temps entre tous, mais quel temps et comment ?

Je sais, c’est nous qui sommes partis et qui sommes loin. C’est nous qui avons créé la situation : à nous de l’assumer ..
Non, je ne suis pas amère, j’essaye juste d’expliquer ce que c’est pour nous de rentrer : cela demande beaucoup d’organisations, ça a un coût non négligeable et quand tous ces aspects pratiques sont réglés, il faut aussi gérer l’aspect émotionnel.
Alors rentrer cet été ? On va voir…. Je réfléchis

23 Comments

  • Très bon article Isabelle.

    Pour moi c’est juste changer un mot du titre, j’efface France et je mets Espagne 🙂 Sinon, pour le reste, plein de similitudes. Pas expatriée non plus, donc on paye tout de notre poche. Je sais, ce n’est pas si loin l’Espagne allez-vous me dire, mais oh que oui, car en fait arriver jusqu’à mon île adorée c’est cher (bien sûr, moins que vous, déjà on est moins nombreux :-)) Mais oui je comprends tout à fait. On doit obligatoirement faire des escales, des connexions qui ne sont pas au top, donc parfois obligés de nous chercher un hôtel à Barcelone ou à Madrid, et avec un bébé, la galère. Sinon on a l’option d’aller en voiture jusqu’à Barcelone, et faire la traversée en bateau voiture comprise, mais ça fait bcp de km… enfin, je vais pas vous raconter la vie non plus mais pareil, au 20 février on parle déjà de tout ça 🙂

    Quant aux émotions, oufff, trop d’accord !!! A chaque fois que je rentre je ressens des sentiments bizarres, contradictoires, j’ai toujours besoin de temps pour reprendre mes marques. Et à l’inverse aussi, en arrivant là-bas, cela fait aussi bizarre. Nous avons pris une habitude : souvent je pars toute seule (avec ma fille) quelques jours avant, le temps de profiter des premiers jours de joie en famille et mon mari arrive quand les premières euphories sont passées (lui est français, du coup ce n’est pas son pays)… Donc oui, ce sont tout des choses qui ne s’organisent pas en une semaine !!

    Belle journée !

  • Je me retrouve assez dans ce que tu dit même si je ne suis pas expatrié. Je ne vois ma famille qu’une fois par an avec un mari quasi jamais là. Idem pour les sentiments, heureuse d’y aller et parfois (souvent) au courant de rien ce qui engendre comme tu dit des prises de tête. Ça rassure de voir que c’est partout pareil finalement. Cette année c’est vite réglé puisque je pars presque 5 semaines ….. dans ton pays 🙂 Bon courage pour les préparatifs et bonnes vacances qui seront quoi qu’il en soit génial !.

    • oui bien sur .. pour moi se mele aussi, ce sentiment de retour au pays, de ne plus être vraiment chez moi : je sursaute quand j’entends parler français au début .. et puis, la distance et le fait que parfois, je n’ai pas le choix .. à l’inverse : je ne peux pas rentrer comme cela ..

  • le plus difficile doit être de ne pas avoir de chez soi, de devoir vivre tout le temps au rythme de ceux qui accueillent, qui n’est pas le nôtre, qui change quand on change de maison, de devoir tout le temps demander (pour aider, pour faire les lessives…)et aussi du coup pas passer des vacances sereines à 6 avant la rentrée… dur dur, et bon courage pour la reflexion…

  • Je connais bien ce cheminement, que de reflexions, que de questionnements ? Vacances en mode : Repos ou Visite-Marathon des amis/Famille ? Hébergement en famille (chez qui la vie continue …) ou Hotel proche (plutôt “dortoir” donc impersonnel et pas vraiment attrayant) ? enfin et j’en passe … hein ?
    Et Oui, effectivement … pas si simple à gérer, et organiser ! Il faut bien prendre le temps d’y réfléchir …
    Parfois rien qu’à y songer … j’ai pas envie. Mais heureusement, il y a toujours de bons moments, de vrai plaisir à retrouver les siens ! Non ??

  • Tu expliques très bien le dilemne. Même sans enfants, c’est dur à gérer, pour moi Mer d’Irlande à Océan Indien ce n’est pas une mince affaire, en temps et en argent… Et les émotions mieux vaut ne pas en parler.

  • Isabelle, c’est tellement touchant et c’est tellement ça …. et surtout on se dit …” mais les amis et la famille là bas si loin, ils ne peuvent pas nous comprendre “…..donc je vais partager tes écrits cela m’évitera des explications et on verra si cela suscite de l’empathie … Merci pour ton partage !!!

  • ça remue les tripes en tout cas ce billet.
    Et éventuellement prendre un gîte où ça serait les gens qui viennent vous voir ? je sais cela a un coup aussi.
    Mais bon ça permet de se sentir un peu chez soi.

  • Bonjour,
    Je lis (très) souvent votre blog, et je perds (toujours) à rêver…
    C’est magnifique l’aventure que vous avez choisi, j’aurais tellement aimé et cela restera toujours je crois mon plus grand rêve, m’expatrier aux USA…connaitre ce systeme scolaire dans lequel évoluent vos enfants etc…
    Votre article est magnifique, et sans l’avoir vécu, j’ai l’impression de comprendre vraiment cette confusion de sentiments que vous ressentez, et vous m’avez (Presque) mis la larme à l’oeil.

    En tout cas, profitez bien des moments précieux qui vous attendent aux US et en france ^^

    Julie (une fidèle lectrice)

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