The loneliest road in the USA : a journey on the Highway 50

En mars 2010, nous sommes de passage à Carson City, capital du Nevada. La ville est tranquille, mignonne et est située juste derrière le magnifique Lake Tahoe (je vous y emmène juste après) .. Jolie étape après un séjour au ski mille mètres plus haut … En allant nous renseigner au visitor center, nous tombons sur ce petit prospectus :
Survival Guide .. Il faut dire que nous sommes en train de préparer un road trip en camping car qui nous emmènera à travers l’Arizona et l’Utah, au départ de chez nous, à Cupertino (où nous habitions à l’époque), au sud de San Francisco. Nous avons presque bouclé la boucle sur le papier, restent les dernières étapes : comment regagner Moab et San Francisco .. avec une grande inconnue au Nevada.  Le voyage est prévu pour la fin juin.
Mais le présent guide n’est pas là pour nous rassurer .. la route que j’avais envisagée avec un passage dans l’unique parc national du Nevada, ne semble pas si drôle que cela .. un grand désert à traverser …
La route 50 .. En 1986, Life Magazine la déclare la route la plus isolée des Etats-Unis … Life dit : “il n’y a aucune attraction, ni point d’intérêt le long de ces 287 miles et les gens qui la traversent devraient s’équiper d’un “survival kit”.” Bref, c’est la Route la plus emmerdante qui soit … Nous voilà prévenus…
Les gens du Nevada, piqués au vif, réagissent et relèvent le défi … ils ne se laisseront pas abattre comme cela.. de cette route qui semble si inhospitalière, ils en créent un petit passeport et un challenge : les petites villes sur la passage jouent le jeu : de Ely à Austin, en passant par Eureka : le patrimoine est restauré, de petits musées créés et à chaque passage, on peut faire viser ce petit passeport.. Ce que nous ferons consciencieusement en juin, quand nous y passerons .. à chaque passage, nous courons à la Chambre de commerce locale et on nous met un tampon dessus… nous ne manqueront qu’un ou deux passages : arrivés trop tard en fin de journée.
Le passeport est envoyé au gouverneur du Nevada,  qui signera lui même notre diplôme : “Yes, we did it .. we survived … we are true Highway 50 survivors”
 
Alors, je vous emmène le long de cette Highway 50…
Après en avoir eu plein les yeux à Moab (première fois que nous y allions), nous avions donc à regagner la Baie de San Francisco.
La traversé de l’Utah, le long de la 70 avait déjà été extraordinaire avec la découverte de lieux inconnus, de canyons tous plus immenses les uns que les autres, à l’écart de toutes activités touristiques, juste signalés par des panneaux le long de l’autoroute.
Et au bout de cette journée de route, nous étions arrivés en fin d’après-midi au début du Nevada à Great Bassin National Park. Qui connaît ce parc ? et pourtant, il est bien signalé sur les cartes, mais là aussi, juste un petit camping en bas, avec à la réception, des gens attablés à un bar qui m’avaient vu arriver, moi avec mon drôle d’accent, signaler notre arrivée annoncée à l’avance : tu parles, ils ne voyaient jamais de touristes dans ce coin-là : c’était vraiment pas la peine de réserver..
Le lieu était calme et comme nous venions de gagner une heure en l’espace d’une frontière, nous avions encore le temps de monter là-haut, voir à quoi ressemblait ce petit parc.
Nous n’avions même pas pu monter jusqu’en haut de ces montagnes qui culminaient à plus de 13 000 feet (plus de 3500 m d’altitude). La route était trop abrupte et était interdite aux camping cars. On nous avait pourtant dit que là-haut, la vue était magnifique et que la fraîcheur avait permis à une espèce très rare de pins (bristlecone pine) de prospérer et de survivre de longues années : plus 3000 ans (voire 5000 ans) pour certains. Il y avait aussi les Lehman Caves (grottes) à visiter, mais là, il était vraiment trop tard. Nous y reviendrons ..
Le lendemain, une longue route nous attendait : nous avions le NEVADA à traverser .. Dommage, on effleure parfois des lieux comme cela, à trop vouloir voir, faire de kilomètres, on passe à côté de petites merveilles.
On the road again, la route annoncée était là … à perte de vue… il fallait y aller…
Et la première étape était le petit village de Ely : une ancienne ville minière, avec son petit musée vintage et son exposition de trains en plein air.
ses murs peints
Puis, après une longue route (les distances sont données en miles), rectiligne, où nous avions vu des voitures de police, nous étions arrivés à Eureka … ancienne ville minière d’argent. Eureka avec son opéra, sa court house, son petit musée …
Puis Austin, où la Pony Express rejoignait la route.

Et par la suite, nous avons peut-être été un peu lassés alors, nous n’avons pas pris vraiment de photos. Il se faisait tard, à Fallen, le bureau pour faire tamponner le passeport était déjà fermé. Le Fort Churchill, construit en 1860 pour protéger les pionniers du Nevada, était fermé.. Nous sommes arrivés tard le soir à Virginia City … ville de l’âge d’Or de la Sierra.. temple de la conquête de l’Ouest au temps de la Ruée vers l’Or … à suivre

Nous avions réussi le défi… la route avait été traversée .. sans problème .. We had survived …

Voilà et vous, connaissez-vous aussi des routes perdues de l’Amérique comme celle-là ?

PS :
1-A part la partie à Death Valley, le Nevada n’a pas d’autres national parks, que le Great Bassin National Park.
2-En anglais, Journey veut dire : voyage.

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