Interview de Jeremy, voyageur au long cours

Aujourd’hui, je donne la parole à Jéremy du blog roadcalls
Jérémy vous l’explique : il a tout plaqué un jour et depuis, il voyage, voyage, voyage …. à la rencontre des autres … 
Jérémy vient nous présenter sa vie, ses voyages et surtout, il nous parle du guide (ebook) qu’il a écrit et édité : « Offrez vous une vie de voyages – 31 techniques pour gagner sa vie sur la route et voyager à plein temps » – 




Il nous présente ainsi comment il a réussi la difficile équation : faire de sa vie un éternelle voyage : une manière de réaliser ses rêves de voyage, sans perdre de vue l’aspect financier : il a décidé de travailler en même temps et ainsi d’en profiter pleinement.

Bonjour Jérémy, Pourrais tu te présenter ? et nous en dire un peu plus sur ton parcours ?

Salut ! Je m’appelle Jérémy, bientôt 26 ans et je suis journaliste de formation. J’ai bossé pour plusieurs chaînes de télé régionales avant de me faire licencier en juin 2011. Je revenais d’un voyage au Népal où les gens vivaient avec rien et arrivaient à être heureux quand même. Alors quand on m’a dit que la boîte qui m’employait devait fermer ses portes pour motifs économiques, j’ai vite relativisé. Quelques semaines plus tard, je rendais mon appartement, je prenais mon sac à dos, et je montais dans un vol Ryanair à destination du Portugal. C’était la première étape du voyage itinérant que je fais actuellement depuis deux ans maintenant, quasiment jour pour jour. 
Pour toi, une vie de voyage, comment cela s’organise ? 

J’ai envie de dire que ça ne s’organise pas. Dans le sens, ça ne se planifie pas. Une fois que tu es libre de tes mouvements (c’est à dire plus de boulots, plus d’appartements, et plus d’obligations physiques à un endroit précis), tu peux bouger où tu veux, quand tu veux, aussi longtemps et loin que tu veux. Ce qui demande de l’organisation, c’est justement d’arriver à se détacher de tout ça : quitter son job, rendre son appart’, se libérer de ses obligations physiques. 

Donc c’est sûr que c’est plus facile si tu es jeune, sans famille à nourrir, parce que sinon ça peut s’avérer plus difficile à organiser. 
 Pour ma part, j’ai mis un peu plus de 2 mois à mettre tout en place : je me suis fait licencier le 15 juin, et j’ai rendu mon appart’ le 30 septembre pour partir dans la foulée. 
 Après, il y a la question du financement du voyage. Parce que partir c’est bien joli, mais si tu as 0 euros sur ton compte en banque, tu vas pas dépasser le périph. 
A partir de là, y’a deux possibilités : soit préparer son coup à l’avance en mettant un maximum de côté, soit faire en sorte de gagner sa vie PENDANT son voyage. C’est cette seconde option que j’ai choisie. Et je l’explique dans mon guide « Offrez vous une vie de voyages ».

Comment définis tu le voyage ? rencontres, visites ? 
 C’est un tout : j’aime me sentir dépaysé et bousculer mes repères. Comprendre comment les gens vivent, ce qu’ils aiment, ce qu’ils font, ce qu’ils pensent. J’adore les rencontres en voyage parce que c’est comme ça que j’en apprends le plus sur les pays que je traverse. Bien davantage qu’en visitant des musées ou en lisant des bouquins, où tout ce qui est raconté me paraît trop abstrait. J’aime écouter les histoires des gens, raconter les miennes, partager des anecdotes, des petits riens du quotidien mais qui font les différences. A une époque j’adorais découvrir des villes, mais de plus en plus je me tourne vers la nature, les paysages. Au bout d’un moment, les villes ont tendance à toutes se ressembler plus ou moins. Et je m’en lasse plus vite. Alors que quand je trouve un paysage qui me plaît, je suis capable de rester des heures au même endroit, en contemplation.

Que cherches tu dans cette quête de mouvements perpétuels ? 
 Je suis un gars curieux, j’aime apprendre, comprendre et découvrir. J’ai besoin de savoir comment les gens vivent ailleurs, ce qu’ils pensent, qui ils sont. Certaines personnes ont besoin de regarder les résultats sportifs le lundi matin, moi j’ai besoin d’entendre régulièrement des langues étrangères autour de moi. C’est une de mes passions. 
 Pour répondre sous l’angle philosophique de ta question, je dirais aussi que je cherche la liberté. La possibilité d’aller où je veux quand je veux, de ne pas dépendre d’un patron, d’un pays, ou de quoi que ce soit. J’aime la sensation de maîtriser ma vie, maîtriser l’endroit où je me trouve, choisir les gens que je fréquente, les projets sur lesquels je veux travailler. Ça va au delà du voyage en fait, c’est plus un état d’esprit général : j’ai besoin d’être libre.

Comment gères tu le choc culturel à chaque changement d’endroit ? 
 Bizarrement je n’ai plus vraiment de chocs culturels aujourd’hui. J’essaie d’être le plus ouvert possible, et je fais en sorte de m’adapter aussi vite que je le peux aux ‘coutumes’ locales. En adoptant cet état d’esprit de totale ouverture, j’évite justement le choc culturel (on est choqué si on arrive avec ses propres croyances et qu’on les confronte aux croyances locales, du coup le plus simple c’est d’arriver sans croyances)
Ceci dit, le monde s’est quand même beaucoup uniformisé, et à part certains pays (l’Inde, le Népal, certains pays arabes ou l’Afrique Noire peut-être), on retrouve assez vite des repères où que l’on aille.

 Enfin, pour ma part, je voyage essentiellement dans le monde occidental, donc le choc culturel se limite souvent à des petits détails. Exemple idiot : comme tout français j’ai la mauvaise habitude de traverser la rue n’importe comment, sans me soucier des feux. Arrivé en Suède, j’ai remarqué que tout le monde attendait que le feu passe vert avant de traverser. J’ai pris l’habitude de faire de même.
Tu parles combien de langues ? 
 De façon courante, je ne parle que le français et l’anglais. Après, quand je fais un effort je peux me débrouiller pas trop mal en espagnol mais c’est une langue que je n’aime pas (ni l’entendre, ni la parler), et je suis obligé de pratiquer souvent sinon je l’oublie. Et j’ai les bases du suédois, probablement la langue la plus inutile du monde car les suédois parlent tous un anglais parfait (d’ailleurs quand on veut s’adresser à eux en suédois et qu’ils s’aperçoivent qu’on est étranger, ils répondent systématiquement en anglais ! Pas forcément évident de pratiquer, donc). Mais c’est une langue que je trouve vraiment belle, chantante, mélodieuse. Dès que je peux entendre un natif la parler, mes oreilles sont heureuses 🙂
Si tu trouves le paradis, tu poses tes valises ? Mais au fait, le paradis, c’est quoi pour toi ? 
 Je t’avoue que j’en ai aucune idée. Le truc, c’est que rien n’est figé. Par exemple, le paradis je l’ai un peu trouvé quand je suis resté à Göteborg, pendant l’été 2012. Mais au bout d’un moment, j’avais une routine, j’allais toujours aux mêmes endroits, avec plus ou moins les mêmes gens. Et ça m’a gavé. Je déteste la routine, c’est probablement le truc que je fuis le plus au monde. Du coup, je trouve souvent des paradis, et souvent ces paradis deviennent chiant et j’ai besoin de bouger.
 Je suis incapable de dire si je me poserai définitivement un jour. J’en ai envie, vraiment, car je veux fonder une famille et avoir un style de vie plus posé. Mais en même temps, dès que je reste au même endroit plus de 2 mois je me lasse. Alors j’en sais rien ! Pour le moment, je bouge, et pour la suite, je verrai. C’est aussi ça la liberté : ne pas avoir à planifier trop de choses en avance. 
Comment vis tu de tes voyages ? 
 Je suis passé par pas mal de phases, mais dès le départ j’avais 2 impératifs en tête. 
Le premier c’était de ne pas taper dans mes économies, et le second c’était de ne pas avoir à bosser comme salarié. Je suis quelqu’un de très indépendant et j’ai jamais complètement réussi à me satisfaire d’un poste de salarié, sous les ordres d’un patron. 
Du coup, pour tenir ces 2 objectifs, je n’avais pas 36 solutions : je devais pouvoir travailler pendant mon voyage, et être mon propre patron. J’ai commencé par bosser comme rédacteur web mais ça m’a vite gavé. Je devais torcher des articles le plus rapidement possible pour des sites internet qui s’en foutaient de la qualité, qui voulait juste avoir du contenu sur leur site. Comme j’avais un bon réseau de contact parmi les journalistes, j’ai monté mon activité d’attaché de presse indépendant. J’ai fait ça quelques mois, mais ça ne m’intéressait pas, et j’ai besoin d’être passionné par ce que je fais. 
 Comme ces deux activités en ligne me permettaient de voyager (je trouvais mes clients soit par mon site web, soit par des plateformes de freelances), j’ai monté en parallèle mon blog de voyages (www.roadcalls.fr) pour raconter mes aventures.

Aujourd’hui, c’est ce blog qui me fait vivre, en grande partie grâce à la publicité. Alors certes, mes revenus sont moins confortables que lorsque j’étais journaliste ou attaché de presse, mais au moins je suis libre et je fais ce que j’aime (écrire et voyager). Ça, ça n’a pas de prix !


Tu peux nous parler de ton guide ? Où le trouver ? comment se le procurer ? 
 A force de voyager, j’ai rencontré pas mal de gens qui avait la même problématique que moi : des gens passionnés de voyages, qui n’ont pas envie de gâcher leur vie dans un bureau sans fenêtre à travailler pour un patron qui ne connaît même pas leur prénom. 
La plupart d’entre eux ont finit par trouver un moyen de vivre leurs rêves de voyages. Très souvent, ce qu’ils font, c’est qu’ils trouvent un boulot sur place, restent quelques mois, puis démissionnent quand ils en ont marre, et recommencent ailleurs. 
 Le concept de mon livre est simple : c’est mon instinct de journaliste qui a repris le dessus. 
Quand j’ai vu qu’on était nombreux à faire ça (financer un long voyage grâce à du travail PENDANT son trip), j’ai commencé à prendre des notes, à consigner tous les conseils des uns et des autres.

J’ai récupéré des tas de bons plans, des trucs qui marchent pour se faire embaucher plus vite, des astuces pour être payé pour voyager (dans l’industrie du tourisme, mais pas que), comment enseigner les langues à l’étranger (l’anglais souvent, mais le français aussi), etc. 
Pour que le livre soit complet, j’ai aussi parlé des possibilités de monter une entreprise dématérialisée et proposer ses services en ligne uniquement (on peut le faire quand on est graphiste, traducteur, assistant(e) de direction, webmaster, enseignant, journaliste, etc, bref, tout ce qui reste soit dans le monde virtuel, soit dans la transmission de connaissances).

J’ai tout consigné et ordonné ça de manière logique, en triant les possibilités par pays et par domaines de compétences (car les diplômes, on s’en fou : ce qui compte pour 99% des patrons à l’étranger, c’est que vous fassiez votre boulot correctement). 
Le livre s’appelle « Offrez-vous une vie de voyages« , j’y dévoile 31 techniques pour gagner sa vie sur la route et financer son voyage en temps réel, sans devoir taper dans son épargne ou rentrer en France pour un CDD avant de repartir.

En clair, les astuces du livre permettent à ceux qui s’en donneront les moyens de faire durer leur voyage aussi longtemps qu’ils en ont envie. C’est à dire, d’être libre. 
 Il est à télécharger ici :

   
Il coute 19€90 .. 
 Merci pour l’interview Isabelle, 
 Jérémy
De rien jérémy, bon vent et si jamais tu passes par le Kansas … frappe à la porte …

3 Comments

  • On est effectivement de plus en plus nombreux à oser voyager et travailler pendant le voyage. Ce qui, pour nuancer un tout petit peu, rend la chose possible même avec enfant. Bon je n’oserai pas le faire avec 3 enfants, car je ne suis pas sûre qu’il reste beaucoup de temps pour travailler. Mais quand même…

    • oui, tu as raison, à condition d’avoir un métier et trouver ce qui s’y prête … en tout cas c’est intéressant vos expérience à tous … on attend aussi la suite de tes aventures …

  • Vraiment bel article qui montre, même si c’est difficile, que l’on peut essayer d’avoir une vie, comment dire, qui nous ressemble vraiment.
    La reconversion professionnelle est aussi une sorte de voyage: Moi, je passe de la fonction publique à la boulangerie-pâtisserie. Un jour, peut-être, j’aurai mon commerce sur le continent nord-américain…

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