Le jour où j’ai été immigrée illégale aux Philippines et où j’ai eu froid à Manille.

Histoire de voyageurs lors d’un crash… récit de voyage !

Cela n’aura échappé à personne, samedi à 11H30, un avion de la compagnie Asiana Airlines s’est écrasé sur la piste d’atterrissage de l’aéroport de San Francisco. 2 morts : ouf, ce n’est pas trop grave.

 

Nous étions à San Francisco, nous n’avons rien vu. Juste attendu un peu des amis qui avaient été pris dans la panique des embouteillages aux alentours de l’aéroport sur la 101. Une amie a du attendre son fils plus de 5 heures : son avion, l’avion d’Air France a été dérouté sur Seattle, puis est revenu atterrir à San Francisco.

Aujourd’hui, mon mari doit prendre un avion pour rentrer chez nous : l’activité de l’aéroport n’est pas encore revenue à la normale : il n’y a que deux pistes d’ouverte sur 4, de nombreux vols retardés voire annulés… la galère des retours de vacances commencent … affaires à suivre.

Ok, vous me direz, ce n’est rien comparés à ce qu’ont vécu les passagers : ça c’est sur !
Sauf que cela laisse des souvenirs et je me suis retrouvée plongée quelques années en arrière… le crash du vol 642 de la China Airlines, survenu le 22 août 1999 à Hong Kong : ou comment cela avait perturbé tout le trafic aérien d’une région.
Mais qui se souvient de ce crash … personne .. moi si ..

C’était mon premier voyage en Asie : nous venions, mon mari et moi, en reconnaissance pour notre expatriation à Taiwan. Nous avions 3 avions à prendre : Lyon-Paris / Paris-Hong-Kong / et Honk-Kong-Taipei.
Le départ de Lyon s’est fait sans problème. C’est en arrivant à Paris, que les problèmes ont commencé : notre avion Paris-Hong-Kong était reporté au lendemain matin : il devait partir à 11h du soir et là, il était reporté à midi le lendemain. Bien sur, la compagnie aérienne prenait en charge notre nuit d’hotel à l’aéroport, sauf que tous les hotels de Roissy étaient pleins, alors, ils nous ont envoyés à Orly. Cette nuit-là, nous n’avons pas récupéré nos bagages. Ils étaient en soute, prêts à partir le lendemain.
Le lendemain, nous nous sommes pointés à l’heure dite, l’avion est parti vers deux heures. nous avions déjà plus de 14 heures de retard. Ce qu’on ne nous avait pas dit, c’est que Hong-Kong était en plein sous un typhon et que l’avion prévu avait du coup été réquisitionné la veille pour remplacer un appareil défectueux sur la ligne Paris-Rio. Les menaces de typhons étaient toujours là, mais nous avons fini par partir.
Arrivés au dessus de Hong-Kong après 12 heures de vols, l’avion a commencé à tourner au dessus de l’aéroport, pendant deux heures… puis, le pilote nous a annoncé que nous étions déroutés sur Manille aux Philippines. Après 16 heures de vol, nous avons enfin atterri. Nous avons alors appris qu’un avion avait raté son atterrissage à Hong Kong et que l’aéroport avait été fermé.
A Manille, on nous a débarqués dans une salle où il faisait glacial : j’étais confrontée pour la première fois à la manie bien asiatique de mettre la climatisation à fond. Là, j’ai perdu la notion du temps, je ne sais plus quelle heure il était à Paris ni à Manille. Je sais juste que nous avions faim et que là aussi j’ai fait une découverte : le mauvais pain existe. Après avoir avalé un sandwich insipide, on nous a annoncé, qu’il était impossible de retourner à Hong-Kong dans la journée.
Apparemment, il était tard : il n’y avait plus d’avion pour Taipei.
Dans ces moments-là, c’est soit chacun pour soi, soit au contraire, une certaine solidarité se met en place et c’est ce qui est arrivés. Nous nous sommes retrouvés un petit groupe de gens et nous avons commencé à discuter ensemble et même à blaguer. Au bout d’un moment, nous avons demandé si nous pouvions dormir quelque part. Après pas mal de discussions avec la représentante locale d’Air France, nous avons été envoyés dans un hotel. Je me rappelle avoir pris un taxi avec quelques autres personnes et nous avons traversé la ville de Manille : le spectacle pour moi qui n’avait jamais mis les pieds en Asie était hallucinant. Nous sommes arrivés dans un hotel et on nous a donné une chambre et un repas : les liens se sont resserrés : il y avait deux collègues de la même boite que mon mari, qu’il ne connaissait pas, le directeur de l’Ecole Française de Taipei, une femme seule avec ses 3 enfants et un type entre deux âges qui partait faire des chantiers au fin fond de la Chine, semi alcoolique mais plein d’humour : drôles de rencontres.
J’ai le souvenir de moments vraiment sympas et irréels : suspendus au dessus du temps .. Ce que je ne vous ai pas dit, c’est que nous étions sortis de l’aéroport sans aucun visa, ni tampon sur notre passeport et que, d’autre part, mon mari venait de se faire engueuler par son futur boss qui n’avait rien compris à rien et qui lui intimait l’ordre de venir le plus rapidement possible. Enfin, nous n’avions toujours pas de valises et cela faisait deux nuits que nous dormions avec le tee-shirt qu’Air France nous avait donné avec la brosse à dent assortie (et je vous épargne le reste).
Au petit déjeuner le lendemain matin, certains nous dirent qu’ils avaient été appelés dans la nuit pour récupérer leur valise dans le hall de l’hotel. Nous n’avions rien eu .. sauf qu’en retraversant le hall pour remonter dans notre chambre après le petit-déjeuner, je suis tombée par hasard sur nos valises … Nous étions un petit groupe à vouloir aller directement à Taipei. Nous nous sommes débrouillés tout seuls pour regagner l’aéroport… et là, les galères et les tractations ont dû recommencer : nous voulions à tout prix prendre un vol donné, sauf que nous n’avions aucune preuve de notre arrivée à Manille, la veille : la douane nous bloquait et ne voulait pas nous faire retourner dans l’aéroport : heureusement, la représentante locale d’Air France est intervenue… et nous a même orientés vers le Lounge où nous avons encore passés de bons moments avant de reprendre l’avion pour Taipei qui était en retard …
Ce jour-là, nous sommes arrivés à Taipei avec 48 heures de retard sur l’horaire prévue.
De ce voyage, nous avons obtenu une inscription automatique à l’école Française de Taipei : ça sert de voyager avec le directeur, un voyage gratis à Manille, un statut temporaire d’immigrés illégale, et la première confrontation de mon mari avec son futur boss … mais surtout en compensation, j’ai hérité, au retour, d’un surclassement en first … oui oui, en first à mon retour seule (mon mari restait pour travailler) de Hong-Kong à Paris … vous imaginez, un voyage en first !
C’était en août 99 !
Et vous, avez vous eu aussi des galères de voyage en avion, suite à un crash ?

 

2 Comments

  • Waouw quel récit de voyage!
    J’ai la poisse avec les retards en avion mais toujours de moins de 4h à chaque fois! Pour moi, un avion à l’heure c’est irréel :p
    4h de retard à Prague pour le retour vers Bruxelles suite à une tempête de neige (soit 2cm partout sur la Belgique). 3h bloquée dans un avion en partance pour Porto pour raison technique (inspection surprise), et j’en passe…

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