L’anglais, les langues et ma pomme…

Après avoir parlé du bilinguisme de mes enfants, je viens vous parler un peu de moi … Parce-qu’on oublie trop souvent que être expatriée, c’est bien gentil, mais outre le choc culturel à engranger (oui même aux US), il y a aussi le fait que nous évoluons dans une autre langue. Ce n’est pas toujours évident. Bien sur, l’anglais est une langue facile, rien à voir avec le Russe ou le Chinois, mais quand même….

Parce-que évidement, vous pensez tous que je suis bilingue, je parle, je discute avec les gens rencontrés par hasard ou les quelques amis américains : les conversations peuvent durer des heures… 
J’écoute la radio américaine, je lis en anglais, je regarde les films en anglais, je suis même un cours d’aromathérapie en anglais  … 
Je comprends à peu près tout … mais pourtant, ils vous le diront tous et à commencer par mes enfants, surtout mes enfants : non, je ne parle pas bien .. Enfin, les américains non, ils me disent sur un ton admiratif, que je parle super bien et que si ils pouvaient parler aussi bien le français que moi l’anglais, ils seraient super contents. 
J’ai beau faire des efforts, je n’arrive pas vraiment à tout bien prononcer, je tends beaucoup l’oreille quand on me parle, n’hésite pas à demander de répéter ou je reformule pour être sure d’avoir bien compris.  Quand le téléphone sonne, j’ai besoin de silence pour me concentrer sur les longues diatribes de mon interlocuteur.. pour moi, c’est plus facile quand je mène la conversation, quand je réserve un hotel par exemple.
Le pire pour moi, c’est de rédiger … je compte sur mon ordi et mon iphone pour corriger et surtout pour les mails très importants, je demande à mes grandes filles de me relire, pour les formes de phrases…
Mais c’est sur depuis que je suis là, aux US, (presque 5 ans), j’ai fait d’ENORMES PROGRES … et à croire que mes oreilles se sont habituées, je comprends beaucoup plus qu’avant : je ne fais plus répéter le caissier au supermarché, quand il me dit : “doyouwanna ‘milk in é sac ?” (vous voulez mettre votre lait dans un sac ? Sac ??? je croyais qu’on disait bag ??). J’arrive à capter beaucoup plus qu’avant. 
A côté de cela, quand j’entends du pure british, je rigole intérieurement parce-que oui, l’accent américain est plus dur à comprendre, surtout quand un plombier vient à la maison.
Mais il faut quand même le dire, j’évolue (parfois), souvent, dans un brouillard auditif. Mon arme, et je dois passer pour une “simple d’esprit”, le sourire … parce-que parfois, ben oui, JE NE COMPRENDS RIEN DE RIEN, c’est terrible !
Bon, bref, l’anglais, ce n’était pas mon truc : en 6ème, j’ai choisi l’allemand car dans ma famille, tout le monde prenait l’allemand : mon grand-père et ma grand-mère connaissaient Nietsche et Brecht par coeur et le parlaient couramment (non ! ils n’avaient pas du tout été colabos, ils aimaient la langue de Goeth, c’est tout). Chaque été ou presque, je partais  dans une famille allemande. C’est sur, j’aurais mieux fait de partir faire un séjour linguistique en Angleterre. Rien de mieux pour apprendre simplement une langue : il faut la pratiquer en grandeur nature.
J’ai trainé ainsi mes années d’anglais de la 4ème à la terminale en m’ennuyant copieusement, étant plus à l’aise à apprendre les déclinaisons et mes prépositions qu’à étudier du shakespeare. Pourtant mes profs ne désespéraient pas, malgré mes réticences. J’ai quand même été jusqu’à ne pas me présenter à mon oral d’anglais LV2 au bac, au grand désespoir du prof examinateur qui courait partout pour me trouver, m’a-t-on rapporté. Je vous rassure, j’ai eu mon bac avec mention sans cet oral.
Après j’ai fait comme tout le monde, je n’ai rien fait ou très peu … pfui ! plus d’anglais, sauf à lire des publications scientifiques .. et quand je suis partie faire mon stage de fin d’études à Bâle, en Suisse, c’est à l’allemand que j’ai dû me remettre .. avec l’accent suisse, pas trop facile.. j’étais devenue incapable de prononcer une phrase en anglais. L’allemand, lui, se portait bien.
Ensuite, il y a encore eu une interruption de 7 ans et quand je suis arrivée à Taiwan .. ma seule langue d’échange possible était l’anglais, sauf que les mots me venaient en allemand.

Peu à peu, la tendance s’est inversée.

C’est surtout en regardant des séries TV (Friends par exemple) et en apprenant le chinois, que j’ai progressé en anglais : et bien oui, la langue de transition en chinois, était l’anglais, il fallait donc faire une sacrée gymnastique quand je traduisais des textes du chinois à l’anglais avec mon prof de chinois… Voilà, maintenant, l’allemand est repassé à la trape : je suis incapable de terminer une phrase en allemand : cela “switche” AUTOMATIQUEMENT à l’anglais.
Quant au chinois, quand je suis fatiguée, le vocabulaire “pop up” en chinois : c’est assez gênant car personne ne comprend ici .. cela me servait plus, quand j’habitais à Cupertino, ville de la Silicon Valley où 50% de la population est d’origine chinoise …
Et l’espagnol me direz vous ?? Nada, je ne connais rien à rien … enfin si, un peu car mes 4 enfants en font et j’ai surtout une amie ici, qui est franco-salvadorienne, mariée à un brésilien et qui parle espagnol à ses enfants : du coup, faut bien que je m’y mette avec sa petite fille de deux ans … j’ai appris 3 mots … 
Et vous, comment faites-vous pour gérer les langues et votre vie quotidienne à l’étranger???

5 Comments

  • Il faut dire qu’au téléphone, ils ne font aucun effort. Même s’ils appellent pour te vendre quelque chose, ils marmonnent et ça m’agace. En plus, comme ils ont un casque et que la liaison n’était déjà pas terrible… 16 ans que je suis ici, mais là, c’est au-dessus de mes forces !

  • moi c’est depuis 12 ans que je suis ici mais comme on est retraite et que la semaine on parle peu sauf le courant parfois je me dis que l’on fait pas de progres, je me souviens au debut le telephone c’etait ma hantise mais maintenant cela va de ce cote, je lis enormement en anglais bien sur, en fait le plus difficile c’est de parler chose assez bizarre car comme francaise je suis assez bavarde mais cela aussi depend de certaines personnes, parfois cela va tout seul, non sans faute moi c’est les verbes qui me posent probleme, parfois c’est dur et le plus rigolo c’est surtout avec notre famille americaine, ils ont un de ces accents mais dans l’ensemble j’ai fait aussi beaucoup de progres, bien oblige quand on habite ici , en tous les cas j’aime bien ton blog, de temps a autre j’y vais et je trouve un tas de ressmbnace avec notre vie, merci

  • ca me fait sourire 🙂
    J’ai toujours aimé l’anglais, et j’ai toujours ete une bonne eleve.
    Et pourtant, j’ai bien galeré quand je suis partie dans une fac americaine pour un programme d’echange.
    Avec les series et mon sejour americain, je m’etais bien habituée a l’accent et au vocabulaire et puis je me suis retrouvée en NZ et il a fallu que je m’habitue a un nouvel accent et a un nouveau vocabulaire.
    J’ai souvent de grand moment de solitude et je n’echappe jamais à la question: “ouhh et ce joli accent, ca vient d’ou? “.
    J’ecris peu ou pas en peu en anglais donc un stress en moins 🙂

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