Bébé made in France – Bringing up baby ; French Kids don’t throw food away –

Alors, dans un autre post :

Réflexions sur l’éducation à la française, j’avais fait l’éloge de l’éducation à la française en m’appuyant sur beaucoup d’articles parus à propos de la parution du livre de Pamela Druckerman : “Bringing up Baby.” Ce livre paraît ces jours-ci en France traduit sous le titre : “Bébé made in France”.

C’est vrai qu’à l’époque, le livre avait fait grand bruit aux Etats-Unis.

Une façon de secouer un peu les gens pour leur montrer que savoir dire NON et un peu de limites ne faisaient pas de mal.  Mais aussi,  leur montrer que cela ne traumatisait pas les enfants de leur imposer de s’assoir à table pour manger un repas contenant des légumes, leur montrer qu’un enfants n’a pas besoin d’être occupé en permanence.

Ok, j’en ai lu pas mal d’articles mettant en avant les vertues de l’éducations à la française. J’ai reçu aussi des félicitations d’amis américains concernant l’attitude de mes enfants face à des adultes. Et j’ai compris aussi parfois les différences culturelles dans ces deux situations :
  • Une fois, je recevais ma voisine et son mari, pour un café. Leur fils était là avec un copain. Ils étaient assis tous les deux côtes à côtes et ils ont commencé à parler entre eux. Le bruit de leur conversation nous gênait presque pour parler entre adultes. Personne n’a rien dit. 
  • Une autre fois, j’avais fait rentrer une américaine et je lui avais offert un thé, histoire de s’assoir et de continuer une conversation que nous avions commencé dehors, sous un soleil brulant. Ma fille s’était mise à jouer de la flute et on ne s’entendait plus parler. Je lui ai gentiment demandé d’arrêter. Plusieurs mois après, cette américaine m’a ressortie cette histoire que j’avais complètement oublié, me disant combien elle avait été interloquée par ma demande et surtout par le fait que ma petite puce aie obtempéré si rapidement.  De son point de vue, ma fille essayait d’attirer l’attention sur elle car elle devait se sentir délaissée.. possible … mais on ne s’entendait plus !!! Ouah… c’est là que j’ai mesuré toute la différence.

Alors, je pourrais encore vous parler longtemps de ce qui me choque ici : j’ai remarqué effectivement, que les enfants et encore plus les ado, n’arrivaient pas à lier avec les adultes : ils n’arrivent bien souvent, même pas à dire bonjour, au revoir et merci quand vous les convoyez en voiture. C’est à la limite de l’autisme. C’est rarement, que l’on arrive à avoir une conversation avec eux, et souvent ils fuient le regard : je vous parle d’ados de 16 ans.

MAIS, et c’est là que j’ai envie de vous mener cette fois-ci : le système américain a des points positifs et j’aimerai bien qu’on le souligne de temps en temps. 
La différence majeure est dans l’approche toujours positive de l’enfant. Maintenant que je suis confrontée à plusieurs cultures, j’ai juste envie de prendre ce qu’il y a de mieux dans chacune.

Ca peut énerver au début mais j’ai remarqué assez rapidement en arrivant ici, combien l’enfant américain était encouragé et valorisé dans un esprit toujours plus positif. J’ai entendu toute mon enfance la phrase : “tu peux mieux faire”, tandis qu’ici tout est wonderful. Il y a une sorte de paix qui vous englobe quand vous y songez. Je mesure cela surtout pour les petits. C’est la deuxième année que mon petit loup est dans un système totalement américain, je n’ai jamais entendu un prof se plaindre de lui. Je n’ai entendu que des compliments et le soir quand je vais le chercher, j’ai le coeur léger car je sais que je vais entendre que du bien de lui : “He did well today” “He made so much progress” “He is such a wonderful boy” … Le moindre progrès est mis en avant, surtout pour lui qui a tant de mal depuis que nous avons quitté la Californie. Ca peut énerver parfois mais je pense qu’à la longue, c’est juste positif pour tous, parents et enfants. Et je pense que ce positivisme se retrouve à tous les niveaux de la société américaine, cela entraîne peut être parfois, une certaine naïveté mais je crois surtout que cela apporte beaucoup de self-confidence : traduire : LA CONFIANCE EN SOI !
Par contre, j’ai relu avec intérêt, l’article de France Amérique, l’interview de Nathalie Monssain Baudry.

Extrait :
“(…)Les enfants français comptent pour du beurre ! La culture française apprend à être débrouillard, dégourdi, « street smart », et à se forger un monde intérieur très fort. Aux Etats-Unis, les maisons sont tellement « child-proofed », qu’on a l’impression que ce sont les parents qui habitent chez leurs enfants ! (…)
(…)L’éducation française est verbalement violente. (…)  Au bout du compte, entre ce que l’on perçoit sur scène et dans les coulisses, il semblerait que les jeunes Américains soient plus sûrs d’eux, extravertis, indépendants, « on stage » sur scène, mais très peu sûrs d’eux (« insecure ») en coulisses, alors que le jeune Français, habitué à être critiqué se forge une carapace. Il se montre moins à l’aise en public, moins apte à se mettre en scène, son corps n’occupe pas le même espace que l’Américain, sa voix portera moins, mais il se forgera un monde intérieur plus intense, plus riche, et n’aura pas l’angoisse de la solitude, la peur du vide qui habite tant l’Américain. Ceci est à mettre en corrélation avec le fait que nous sommes une culture du lien. Le Français se sent aimé.(…)”

J’ai trouvé l’analyse interessante et se rapprochant de ce que je ressens : les enfants américains sont étourdis par le nombre d’activités qu’ils font, de ce qu’ils doivent prouver à l’école pour être dans les meilleurs. Ils ont certes le sens du spectacle, sont très à l’aise sur scène, pour preuve les spectacles concerts auxquels nous avons droit. Mais au final, il est vrai, cela donne beaucoup de superficialité à l’âge adulte, comme si le trop plein ne pouvait pas combler l’esprit car on ne leur donne pas le temps de juste NE RIEN FAIRE … Je le vois dans ce qui est demandé à mes filles en high school : être au top en sport, en musique, monter sur scène, se produire, mais pas seulement, faire des summer schools l’été.. 

Un emploi du temps qui nous donne souvent le tournis : tandis que Gaby, une des amies de ma grande grande puce, fait du marching band, du jazz band, du cross country et prend encore des cours de musique la semaine, tout en allant à l’église pour des activités.. nous sommes juste fatigués de la voir dans cette sur activité.. Les week end de ma grande grande puce lui sembleraient juste “boring” parce-que assez vide, mais un vide dont elle a besoin pour …. récupérer de son rythme qui nous paraît déjà bien rempli. 

Et vous qu’en pensez vous ????

Les articles du moment : 
  • dans Slate.fr : une thématique interessante sur le sujet avec différents points de vues : http://www.slate.fr/dossier/32489/bringing-bebe
  • dans le Figaro Madame : http://madame.lefigaro.fr/societe/reve-americain-french-education-070113-332028 : j’ai bien aimé cet article : plus nuancé sur le livre, et disant que oui, on avait des principes mais dans la pratique, était ce merveilleusement si bien ?
  • dans le journal on line France Amerique : lisez l’interview de Nathalie Monssain Baudry : point de vue d’une essayiste française naturalisée américaine, auteure de Française et Américaine, l’interculturalité vécue.

2 Comments

  • Est-ce que je suis vraiment la première à laisser une commentaire? Ce billet est super! J’aime bien voir ton opinion sur les différences entre les enfants en Amérique et en France. Très “insightful” (désolé, je ne sais pas ce mot en français). C’est pareil au Canada, où j’ai grandi, et maintenant que j’ai déménagé en France, je commence à voir les différences aussi, surtout le fait que les enfants doivent parler plus avec les adultes, même si c’est seulement pour dire bonjour.

    • tu es vraiment la première à laisser un commentaire sur cet article : quand je l’ai écrit je n’avais pas autant de monde qui venait lire ce que j’écrivais .. voilà … en tout cas merci pour ton témoignage …

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