Réflexions sur l’éducation à la française

Un article trouvé dans le Monde ce jour-là, me fait réagir : 

Aide à la parentalité : la France pourrait s’inspirer de l’étranger

Le Monde.fr avec AFP |  •
Extrait : « 

Les parents ont-ils besoin d’être aidés pour s’occuper de leur progéniture ? Un rapport sur le soutien à la parentalité, remis lundi 3 septembre à la ministre déléguée à la famille, Dominique Bertinotti, détaille ce qui se fait à l’étranger et retient quelques bonnes idées pour la France, en retard dans ce domaine.

(…)
DES CONFÉRENCES SUR L’ÉDUCATION
Aux Etats-Unis par exemple, des parents peuvent assister à des conférences sur l’éducation des enfants sur leur lieu de travail. Ces programmes sont proposés à un grand nombre de personnes pour permettre à ceux voulant y assister de ne pas être particulièrement remarqués. Ainsi, en Californie, un programme est destiné aux parents d’adolescents, à raison d’une fois par semaine pendant deux mois.
Des actions de soutien ont lieu aussi à domicile le soir ou le week-end. Des programmes sont disponibles sur Internet, à la radio et à la télévision, ou même par téléphone. Les programmes peuvent être adaptés aux différentes communautés (hispanique, asiatique, etc.).
« Dans la région de Boston, le programme télévisé Parenting in Action [‘Parentalité en action’], diffusé alternativement en anglais et en espagnol, offre différents conseils aux parents », détaille le rapport. Pour rendre l’aide facilement accessible, plusieurs pays la proposent dans des lieux souvent fréquentés par les parents : écoles, crèches, centres de santé. « 

Alors soit, les parents aux Etats-Unis sont aidés mais combien en profite .. c’est vrai qu’on entend souvent parler de la notion de parenting ici. Mais, pourquoi prendre en exemple un pays comme celui-là? Nos visions de l’éducation sont aux antipodes. A vrai dire, quand on arrive aux US, on est frappé par le comportement des enfants et comment les adultes qui les gardent s’en occupent.

Quand je suis arrivée ici aux Etats-Unis, j’ai compris en regardant autour de moi certaines différences ..
  • On n’élève pas la voix contre son enfant,
  • surtout pas de petite claque dans un lieu public quand celui-ci nous fait une crise parce-qu’il veut quelque chose, qu’on ne veut pas acheter … en fait, peu d’enfants font des crises en public mais quand ils en font, on a droit aux regards courroucés des gens … Pourquoi ?? parce-qu’un enfant américain ne fait pas de crise ?? pourquoi ??? parce-qu’on ne dit jamais non à un enfant … on lui explique … même si il continue à faire le contraire de ce qu’on lui demande.
  • l’enfant est encouragé en permanence : Il vous apporte un dessin avec trois coups de crayons dessus, les doigts plein d’encre et le tee-shirt plein de tâches … on lui dit : « GOOD JOB, sweety » 
  • chez les gens, on ne lui dit pas : « non ! ne touche pas », on lui suptillise et on déplace l’obstacle …
  • il y a des panneaux plein d’avertissements sur la présence de serpents… c’est pas grave, il peut courir dans les champs …
  • il veut un snack alors qu’il vient déjà de manger … mais bien sur mon chéri … 
  • il ne dit pas bonjour …. ne dit pas merci …. pas de problème … même à 15 ans, il semblerait qu’on ne leur a pas appris la sociabilisation.
  • il refait 50 fois la même bêtise …. 
  • mais c’est vrai, les enfants américains  semblent moins stressés …
Oui, il y a du bon mais il y a aussi beaucoup à faire …
Il y a ici, beaucoup d’enfants souffrants d’ADD : je veux parler de déficit de l’attention … des enfants qui n’arrivent pas a se fixer, qui passent d’une activité à l’autre en permanence…
Et, de plus, il y a une forte proportion d’enfants obèses ; qui ne mangent que des frittes, des pâtes… Le soir, les enfants ne vont pas à table, ils piquent dans le frigo .. A quoi reconnait on qu’un enfant est bien chez soi ? le jour, où il ira se servir lui-même dans votre frigo … etc …

MAIS 
A force de répéter 50 fois par jour, GOOD JOB, AWSOME etc à un enfant, il en ressort que les enfants américains sont moins stressés et qu’il y a de ce fait un enthousiasme qui se retrouve à tout âge de la vie …. à méditer …

Et puis, l’an dernier ou il y a deux ans, deux livres ont marqué l’année, relayés dans les médias par de nombreux articles.

  • Le premier Battle Hymn of the Tiger Mother de Amy Chua
    un article : dans le Wall Street Journal : Why Chinese Mothers Are Superior« Can a regimen of no playdates, no TV, no computer games and hours of music practice create happy kids? And what happens when they fight back?«   








Ou comment, une éducation sans temps mort, ni place au jeu, une éducation où tout doit être appris et fait à la perfection pourrait faire des gens heureux ??? Cela a fait débat, surtout dans la Silicon Valley où il y a tant d’enfants élevés comme cela … cela fait un peu des robot, insensible, dénués d’émotion et c’est triste…


  • Le second : Bringing Up bébé : de Pamela Druckerman, a entrainé aussi de larges débats, l’an dernier quand il est sorti. Il était écrit par une journaliste qui demeurant à Paris, fut très étonnée de la manière dont les enfants français se comportaient… bien … sachant rester à table lors d’un déjeuner au restaurant, sachant dire bonjour, merci… sachant jouer seule …. 






De tous les articles parus à l’époque, j’en ai retenu 2. Ce qui l’a frappé aussi, c’est surtout le fait, que les parents français osaient dire NON à leurs enfants … et que ces mêmes enfants savaient manger autre chose que des pates …



Why French Parents Are Superior

The Wall Street Journal February 4, 2012

Extrait : « While Americans fret over modern parenthood, the French are raising happy, well-behaved children without all the anxiety. Pamela Druckermanon the Gallic secrets for avoiding tantrums, teaching patience and saying ‘non’ with authority.

Soon it became clear to me that quietly and en masse, French parents were achieving outcomes that created a whole different atmosphere for family life. When American families visited our home, the parents usually spent much of the visit refereeing their kids’ spats, helping their toddlers do laps around the kitchen island, or getting down on the floor to build Lego villages. When French friends visited, by contrast, the grownups had coffee and the children played happily by themselves. »
Avec en encart
Extrait de l’article : 
French Lessons

  • Children should say hello, goodbye, thank you and please.
  • It helps them to learn that they aren’t the only ones with feelings and needs.
  • When they misbehave, give them the « big eyes »—a stern look of admonishment.
  • Allow only one snack a day. In France, it’s at 4 or 4:30.
  • Remind them (and yourself) who’s the boss. French parents say, « It’s me who decides. »
  • Don’t be afraid to say « no. » Kids have to learn how to cope with some frustration. »


Un autre article, de The Economist : 
French parents : Non, non and non Discipline and three-course meals
The economist, Jan 21st 2012 | from the print edition
« IN DIPLOMATIC affairs the French are often viewed from America and Britain with exasperation, as arrogant, unreliable and underhand. When it comes to family matters, however, there seems to be a fresh burst of admiration for all things Gallic. Ever since “French Women Don’t Get Fat” by Mireille Guiliano, a Frenchwoman, became a bestseller in America a few years ago, a new genre has emerged devoted to the failings that French women don’t possess. Now attention has turned to the impossibly well-mannered offspring of these impossibly chic women, with “French Children Don’t Throw Food”.
Like many foreigners living in France, Pamela Druckerman, an American writer and mother of three, found herself struggling to control her toddler in a posh restaurant while small French children around her sat still, ate with cutlery and left their parents to chat calmly to each other. Her Paris flat was overtaken by toys and tricycles; theirs were tidy with no traces of childhood. Her children ate a mono-diet of white pasta; theirs tucked into hearts of palm and tomato salad followed by turkey au basilic with rice in a Provençal cream sauce—and this at the local, state-run crèche. Dumbstruck, she set out to discover why. »

et mon opinion :
Je n’irai pas jusqu’à dire que les parents français sont supérieurs.. ils ont aussi peut-être plus de temps pour s’occuper de leurs enfants comme le faisait remarquer un auditeur lors d’une émission à la radio .. mais cela n’explique pas tout.. Il est vrai que vu du Kansas, ce que cette journaliste dit est un peu vrai … Les mères semblent complètement dévouées à leur enfant. les amenant dans toutes leurs activités, les suivants partout, s’investissant, ou même se surinvestissants dans leurs écoles. On ne dit pas non à ses enfants … on essaye toujours de le satisfaire … 

En tout cas, l’an dernier, nous avons reçu plusieurs fois des américains qui nous ont dit à la fin de la soirée : nous sommes vraiment étonnés de voir comment vos enfants se comportent … Ils avaient dit bonjour, répondu à quelques questions … rien de bien extraordinaire … Ils avaient juste eu une attitude normale. De mon côté, il est vrai que je ramène souvent quelques ado chez eux … il y a rarement un bonjour, ou un merci et ils sont comme apeurés d’avoir à répondre à mes questions… c’est bizarre …
Il semblerait que apporter des structures à un enfant l’aide à grandir …

2 Comments

  • Je tombe par hasard sur votre blog raccontant votre experience d expat aux usa… Mais ce qui me fait reagir c votre article sur l education des enfants. colombienne habitant depuis 6 mois a madrid apres 12 ans en France , j etais tombe sur ces livres et plein d articles qui en parlaient aussi bien en ‘france que en Colombie et ce qui m etonne ce que l on croit encore que en France on a une bonne facon d elever les enfants. J ai grandi en Colombie et la bas et en general en amerique latine le bonjour, aurevoir et merci sont des fondamentaux (pas en espagne par exemple ou on est tres etonne quand un enfant dit por favor o gracias). Donc la politesse nest pas une exclu francaise, par contre si, moi je suis choque quand un enfant se prend une claque car sa maman debordee avec 3 autres enfants et en plein « plein de courses » ne prend pas le temps d ecouter ce que son enfant a a dire, ou qu un enfant de maternelle se tramballe avec son nez tout sale et ni maman, ni maitresse prennent le temps de lui essuyer le nez, ou quand un enfant fait de pieds et de main pour obtenir un mot d encouragement et la reponse est l indifference. Peut etre bien avoir moins d enfants pour mieux s en occuper, ne pas croire quun enfant doit apprendre que la vie est dure des tout petit et lui offrir plus d armes pour faire face aux problemes est une autre voie qui n est pas tres cote en France…. Mais qui peut porter ses fruits. et oui je pense qu en France en general on traite les enfants d une maniere qu un adulte n accepterai surement pas etre traite. Mon nom est valentina mais Je nai aucun profil de ceux acceptes!

  • merci beaucoup, Valentina pour ce témoignage qui est très interessant … car si il y avait le « why french parents are superior », ce n’était que le titre d’un article du Wall Street Journal et j’ai bien conscience que la manière française n’est certainement pas la meilleure .. Je crois qu’il faudrait prendre un peu de chaque culture. Effectivement, ce que j’ai remarqué en venant ici, c’est que l’enfant était roi mais aussi et surtout en permanence encouragé, ce qui donne la légendaire assurance des américains et cela c’est formidable… ici aussi, il peut y avoir de grandes familles : j’en ai vu de 10 enfants… et des mères toujours très zen avec leurs enfants. Mais il faut relire, mon opinion qui est exprimée à la fin du billet : il y a un surinvestissement des mères auprès de leurs enfants : et cela se voit dans ce qui est demandé aux parents dans les écoles et pour les activités des enfants.
    Je n’ai jamais dit que c’était bien de donner une claque…. juste parfois, effectivement, certaines situation ne sont pas facile à gérer et on ne sait plus à quel saint se vouer. En tout cas, j’ai appris ainsi à gérer les crises de mon petit dernier différemment c’est vrai…. enfin et pour conclure, j’ai lu récemment un livre remarquable sur la communication non violente envers ses enfants : « Elever nos enfants avec bienveillance » de Marshall Rosenberg : il est le maitre en matière de CNV … voilà … mais si j’avais à retenir deux choses de l’éducation à la française c’est : le fait de manger à table, ce qui permet un réel échange avec ses enfants (chose que n’ont plus la plupart des enfants américains), et le fait de savoir lui dire NON quand on estime que c’est juste ou que cela pourrait être dangereux et de lui fixer des limites : cela lui permet de le structurer et c’est à l’adolescence qu’on en mesure les bénéfices… maintenant, j’ai entendu toute mon enfance : tu peux mieux faire et peut-etre que cela m’aurait aidé d’entendre autre chose …. et pour finir, je ne sais pas où vous etiez en France, mais il ne faut pas généraliser…

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